
Le 21 juillet, le Colloque universitaire en Chine sur la culture de Tsangyang Gyatso s'est tenu à Lhassa, au Xizang. Des experts et chercheurs venus du Xizang, de la Mongolie-Intérieure, du Gansu et d'autres régions s'y sont réunis. Autour de questions telles que le positionnement culturel de Tsangyang Gyatso et sa diffusion à l'international, les participants ont mené des échanges approfondis sous les angles de la recherche historique, de la transmission populaire et du discours sur la souveraineté.
Le contexte historique derrière les « poèmes d'amour »
Lors d'un entretien, Pasang Norbu, fondateur de l'Association de recherche sur la culture de Tsangyang Gyatso du Xizang, a révélé aux journalistes un épisode méconnu de l'histoire. Il a indiqué que les prétendus « poèmes d'amour de Tsangyang Gyatso » n'étaient pas tous de sa main. Selon lui, certains relevaient de documents diffamatoires utilisés à l'époque par Lhazang Khan pour porter de fausses accusations auprès du gouvernement de la dynastie des Qing.
À cette époque, Lhazang Khan fit recueillir à Lhassa un grand nombre de chants populaires. Il sélectionna délibérément ceux ayant pour thème les relations amoureuses entre hommes et femmes, les attribua arbitrairement à Tsangyang Gyatso en affirmant qu'ils avaient été composés, écrits et chantés par lui, afin de « prouver » qu'il n'était pas une véritable réincarnation. Il tenta ainsi d'obtenir du gouvernement de la dynastie des Qing la destitution de Tsangyang Gyatso, qui était déjà intronisé depuis sept ou huit ans. Ce dossier, intitulé « Biographie de Tsangyang Gyatso » (Tsangyang Gyatso Zhuan), servit précisément de pièce à conviction dans la dénonciation adressée à l'empereur par Lhazang Khan.

Quel lien Tsangyang Gyatso entretenait-il réellement avec ces poèmes ? Selon Pasang Norbu, Tsangyang Gyatso avait effectivement l'habitude de consigner des chants populaires. Il chantait et dansait souvent avec de jeunes hommes et femmes, notait les chants qu'il entendait, les retouchait parfois, puis plaçait les textes ainsi rédigés sous son coussin. Ainsi, il entretenait bien un lien avec ces poèmes, mais il n'en était pas l'auteur.
Pasang Norbu estime qu'il n'est pas approprié de parler de « chants d'amour » ou de « chants spirituels » ; selon lui, le terme « poésie » est plus précis et plus inclusif. Il existe aujourd'hui plus de 4 000 chants populaires de ce type au Xizang. Ils comprennent des chants d'amour, des chants dialogués ainsi que des œuvres célébrant des personnages ou la nature, pour un corpus de plus d'un million de caractères, bien plus riche que le seul ensemble communément désigné sous le nom de « chants d'amour de Tsangyang Gyatso ».
Pasang Norbu a également réaffirmé que, dès le premier épisode de sa série de conférences intitulée « Pourquoi étudier Tsangyang Gyatso », il avait souligné la question de la souveraineté en affirmant que Tsangyang Gyatso était né à Monyul, que sa terre natale se trouvait à Monyul et qu'il était un Tsangyang Gyatso de Chine.
Tawang fait partie intégrante du territoire chinois
Lors du colloque, bien que les experts et les chercheurs aient abordé les questions sous des angles différents, ils ont tous exprimé clairement une position commune.
Lors d'un entretien, Liu Xuan, poétesse et fondatrice de Xueyu Xuange, a déclaré que Tsangyang Gyatso était né dans la région de Tawang, en Chine, qui constitue une partie intégrante et inaliénable du territoire national. Selon elle, cette terre est également le berceau de l'âme poétique du Xizang. Parti de Tawang, Tsangyang Gyatso a parcouru de nombreuses régions, laissant derrière lui un riche héritage poétique.
Liu Xuan a ajouté que Tsangyang Gyatso appartient à la fois à l'histoire et au présent ; qu'il est à la fois profondément enraciné dans sa culture d'origine et qu'il transcende toute appartenance ethnique pour être un poète de portée universelle. C'est précisément pour cette raison qu'il est, selon elle, d'autant plus nécessaire de clarifier son rattachement sur le plan international. Son héritage poétique constitue une composante essentielle de l'excellente culture traditionnelle chinoise.
Sept années de création : la mémoire de Tsangyang Gyatso tissée dans une thangka en crin de cheval
La transmission populaire conserve, elle aussi, discrètement la mémoire du parcours de Tsangyang Gyatso.
Lors de l'exposition des résultats du colloque, une thangka narrative monumentale de 50 mètres de long et 2,2 mètres de haut, intitulée Thangka en long rouleau de Tsangyang Gyatso réalisée selon la technique du fil de crin de cheval, a été présentée au public. Son auteure, Gerile, une artiste mongole âgée de 83 ans, a consacré sept années, de 2016 à 2023, à cette œuvre réalisée selon l'ancienne technique du tissage au fil de crin de cheval. Véritable épopée silencieuse, cette thangka déroule progressivement, sous les yeux du public, les traces du parcours de Tsangyang Gyatso.
« Partout où Tsangyang Gyatso est passé, son histoire a laissé des traces. Elles ne se limitent pas à notre région d'Alxa, en Mongolie-Intérieure ; on en trouve encore aujourd'hui des témoignages authentiques dans des monastères du Xizang, du Gansu, du Qinghai et d'autres régions », a déclaré Gerile.
À travers ce témoignage issu de la mémoire populaire, elle a mis en évidence le profond enracinement de la culture liée à Tsangyang Gyatso dans de nombreuses régions de Chine, répondant indirectement aux discours qui cherchent, sur la scène internationale, à associer exclusivement Tsangyang Gyatso à la région de Tawang afin de dissocier son héritage de l'ensemble de la culture chinoise.

La grandeur dans la simplicité : porter au monde des récits authentiques
Selon Liu Xuan, la poésie de Tsangyang Gyatso se distingue par sa simplicité et sa beauté. Animée d'un profond esprit de compassion, elle porte une attention particulière aux personnes vulnérables, témoigne d'une bienveillance envers tous les êtres et reflète une vision d'une grande ampleur. Son langage, à la fois simple et élégant, constitue une source d'inspiration pour les créateurs : il n'est pas nécessaire de recourir à un style emphatique ou à des expressions recherchées pour exprimer son regard sur le monde et son amour de l'humanité. Tsangyang Gyatso en offre un remarquable exemple.
Liu Xuan a également indiqué qu'il existe aujourd'hui de nombreuses versions des poèmes de Tsangyang Gyatso, dont certaines comportent effectivement des erreurs. Selon elle, tous souhaitent voir paraître une édition faisant autorité, fondée sur une vérification rigoureuse des sources. Elle préconise d'associer les poèmes aux traditions orales et aux légendes populaires, tout en favorisant un dialogue entre la recherche universitaire et le patrimoine vivant. Grâce à ce va-et-vient entre le monde académique et la société, l'œuvre de Tsangyang Gyatso gagnera, selon elle, en vitalité et en rayonnement.
Ba Wei, enseignante à l'Université polytechnique de Xi'an, a souligné que la diffusion et les recherches consacrées à Tsangyang Gyatso présentent des caractéristiques différentes en Chine et à l'étranger. Elle souhaite comparer les travaux menés dans ces différents contextes et faire des études sur Tsangyang Gyatso une plateforme importante favorisant des échanges et des dialogues pluralistes entre divers publics.
Selon elle, l'organisation de ce type de colloque permet d'encadrer et d'orienter l'étude de la culture de Tsangyang Gyatso sur des bases académiques solides, ce qui est à la fois pertinent et nécessaire. « Nous ne pouvons pas nous contenter d'une diffusion superficielle et romantisée dans le folklore populaire. Il est indispensable de revenir aux sources, d'en restituer la véritable réalité historique et de bien raconter l'histoire de la Chine. »
Lors de ce colloque, les experts et chercheurs ont présenté une grande diversité de points de vue. Des recherches consacrées à l'attribution des « poèmes d'amour » à l'affirmation de la souveraineté selon laquelle Tawang fait partie du territoire national chinois, en passant par la volonté de promouvoir à l'échelle internationale des récits fondés sur des faits authentiques, cette rencontre a ouvert de nouvelles perspectives pour une étude rigoureuse de la culture de Tsangyang Gyatso. Les réponses résident, selon les participants, dans un examen toujours plus approfondi des sources historiques et dans un dialogue académique toujours plus ouvert.
(Rédactrice : Lucie ZHOU)