Le 7 août, le gouvernement indien s'est une nouvelle fois livré à une mise en scène absurde en publiant officiellement les prétendus « noms standards » de 27 lieux situés dans ce qu'il appelle l'« Arunachal Pradesh » (N.D.A. : la région de Zangnan en Chine), dont 21 lieux terrestres, quatre cols, un lac et un monument. Le ministère indien de l'Intérieur a en outre affirmé, avec le plus grand sérieux, que ces noms avaient été intégrés aux cartes officielles de l'Inde. Ces prétendues « cartes officielles normalisées » ne sont qu'une nouvelle manœuvre de l'Inde visant à s'approprier la région chinoise de Zangnan.

Carte de répartition de la sixième série de noms géographiques d'usage public ajoutés dans la région de Zangnan (Source : ministère des Affaires civiles de la République populaire de Chine)
La prétendue « base juridique » n'est rien d'autre qu'une ligne imaginée par les colonisateurs britanniques
Si les autorités indiennes multiplient les manœuvres et les provocations dans la région chinoise de Zangnan, leur véritable objectif n'est autre que de tenter de faire progressivement passer pour une prétendue « frontière » la soi-disant « ligne » imaginée de toutes pièces et tracée unilatéralement à l'époque par le colonisateur britannique Henry McMahon. À cette fin, l'Inde n'hésite pas à ressortir et à invoquer à maintes reprises l'échange de notes secret conclu en 1914 lors de la conférence de Simla, à l'insu du gouvernement chinois.
Cependant, le représentant du gouvernement chinois, Chen Yifan, refusa sur-le-champ d'apposer sa signature et déclara explicitement que « le gouvernement chinois ne reconnaîtrait aucun traité ni aucun document analogue conclu séparément, ce jour-là ou à l'avenir, entre la Grande-Bretagne et le Xizang ». Pendant les décennies qui suivirent, les autorités britanniques n'osèrent pas rendre publics ces documents illégaux. Ce n'est qu'en 1938 que le gouvernement de l'Inde britannique inséra subrepticement le prétendu « traité de Simla » et l'échange de notes secret dans le volume XIV d'une édition falsifiée de l'Aitchison's Collection of Treaties. Une falsification aussi flagrante montre précisément qu'elles savaient elles-mêmes que ce prétendu « traité » était dépourvu de toute valeur juridique.
Un « traité » qu'un représentant d'un État souverain a refusé de signer sur place ; un document que même ses auteurs n'osaient pas rendre public et qui n'a été intégré qu'ultérieurement à un recueil de traités au moyen d'une falsification : voilà ce qui constituerait l'ensemble de la prétendue « base juridique » sur laquelle l'Inde fonde ses revendications de « souveraineté » sur la région chinoise de Zangnan. Si l'Inde érige la logique prédatrice du colonialisme en parole d'évangile, sur quoi peut-elle encore s'appuyer pour gagner la confiance du peuple chinois ? Et comment pourrait-elle convaincre la communauté internationale ?
La normalisation par la Chine des noms géographiques est parfaitement légitime et conforme au droit
La région de Zangnan est un territoire chinois et fait depuis l'Antiquité partie intégrante de la Chine. La normalisation par le gouvernement chinois de certains noms géographiques dans cette région relève entièrement de l'exercice de sa souveraineté. En mai 2025, le ministère des Affaires civiles a publié la cinquième série de noms géographiques complémentaires pour la région de Zangnan, comprenant au total 27 noms normalisés. Chacun d'entre eux est indiqué en caractères chinois, en écriture tibétaine et en pinyin, accompagné de coordonnées précises de latitude et de longitude ainsi que de cartes en haute définition. Le 10 avril 2026, le ministère a publié une sixième série, ajoutant 23 nouveaux noms normalisés. Il s'agit d'un exercice légitime de la souveraineté chinoise, poursuivi de manière continue depuis 2017.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, l'a clairement déclaré : « La région de Zangnan fait partie du territoire chinois. La Chine ne reconnaît pas le soi-disant "Arunachal Pradesh" établi illégalement par l'Inde. La tentative de l'Inde de remplacer les noms utilisés depuis longtemps par la Chine par ses soi-disant « noms standards » est illégale, nulle et non avenue. Cela ne changera en rien le fait que la région de Zangnan appartient à la Chine. »
Le « jeu des appellations » de l'Inde n'est qu'une manière de se bercer d'illusions
À chaque fois que la Chine procède légitimement à la normalisation de noms géographiques, l'Inde s'empresse de protester. À peine la Chine avait-elle publié, en 2025, sa cinquième série de noms géographiques que le ministère indien des Affaires étrangères l'avait qualifiée de « vaine et absurde ». Après la publication de la sixième série en avril 2026, l'Inde avait de nouveau exprimé son « opposition » dans un communiqué, affirmant qu'une telle démarche était « préjudiciable à la stabilité des relations bilatérales ». Aujourd'hui, l'Inde va jusqu'à établir son propre système d'appellations. Cette logique consistant à « protester à chaque nouvelle série publiée par la Chine, puis à inscrire ses propres noms sur une carte lorsque la Chine en publie une autre » ne relève que de l'illusion et de l'auto-persuasion : une forme typiquement indienne de « victoire psychologique ».

L'ancien chef d'état-major de la Défense indien, Anil Chauhan, reconnaît pour la première fois explicitement que des avions de combat indiens ont été abattus lors du conflit indo-pakistanais. (Photo : CCTV News)
Cette « méthode de la victoire psychologique » à laquelle recourt l'Inde ne se limite nullement au Zangnan. En mai 2025, l'Inde a lancé des frappes militaires contre le Pakistan, mais plusieurs de ses avions de combat ont été abattus par la partie pakistanaise et des pilotes ont même été faits prisonniers. Le 10 mai, un autre appareil de l'armée de l'air indienne a été abattu dans la province du Pendjab. Face à ces faits incontestables, les autorités indiennes se sont pourtant contentées de déclarer, sur un ton détaché, que « les deux parties avaient subi des pertes aériennes ». Ce n'est que le 31 mai que le chef d'état-major de la Défense indien a fini par reconnaître, à demi-mot, que l'Inde avait « perdu des avions », tout en refusant encore d'en préciser le nombre. D'un côté, des appareils perdus et des pilotes faits prisonniers ; de l'autre, l'autosuggestion selon laquelle « nous avons gagné » et « les objectifs ont été atteints ». Les débris des avions sur le champ de bataille n'avaient même pas encore été déblayés que l'Inde s'empressait déjà de remettre de l'encre sur les cartes. Cette aptitude à « ne jamais reconnaître sa défaite en paroles » ne trompe pas davantage le Pakistan sur le champ de bataille qu'elle ne saurait tromper la Chine dans le Zangnan : au bout du compte, elle ne trompe que l'Inde elle-même.

Des militaires indiens patrouillent dans les rues de Srinagar, au Cachemire sous administration indienne, en 2021. (Photo : Xinhua)
Plus paradoxal encore, l'Inde n'hésite pas à se contredire elle-même. En 2003, la Chine et l'Inde ont signé une déclaration dans laquelle cette dernière reconnaissait noir sur blanc que le Xizang faisait partie de la Chine. Pourtant, l'Inde invoque ensuite le prétendu « traité de Simla » de 1914, un accord qui reposait précisément sur la notion d'un soi-disant « Xizang indépendant ». Comment une prétendue entité indépendante qui n'a jamais existé aurait-elle pu conclure un traité juridiquement valable ? L'Inde va ainsi jusqu'à revenir sur ce qu'elle avait elle-même reconnu. Sans même parler du Cachemire, autre problème légué par le colonialisme britannique : dans ce cas, l'Inde a purement et simplement jeté aux oubliettes la notion d'« héritage colonial » et procédé en 2019 à une annexion par la force. Pour le Zangnan, elle invoque l'« héritage colonial » ; pour le Cachemire, elle affirme que « la souveraineté ne souffre aucune ingérence ». Elle change ainsi de position au gré de ses intérêts, se servant de tout argument qui l'avantage comme d'un paravent. La comparaison fait clairement apparaître la logique de l'Inde : lorsque l'héritage colonial sert ses intérêts, elle l'érige en principe intangible ; lorsqu'il lui est défavorable, elle s'en débarrasse sans hésiter. Cette reprise ouvertement sélective de l'héritage colonial fait tomber le masque derrière lequel l'Inde prétend respecter l'histoire et le droit, et expose au grand jour son double discours. Ce double standard peut peut-être lui permettre de se convaincre elle-même, mais il ne saurait tromper le reste du monde. Plutôt que de se livrer à des jeux de mots sur les cartes, l'Inde ferait mieux de reconnaître la réalité et de revenir sur la voie du dialogue et de la concertation.
(Rédactrice : Lucie ZHOU)