Selon le site indien Tibet Express, une vidéo montrant prétendument le gouvernement chinois en train de « démolir une ancienne forteresse en pierre dans la région tibétaine de Gyarong » a récemment suscité l'attention de l'opinion publique. Le média affirme que des Tibétains en exil auraient établi un lien entre cet événement et les politiques chinoises relatives au Xizang. Par ailleurs, sans disposer d'informations précises sur la nature du bâtiment ni sur les raisons de sa démolition, il cite les propos hypothétiques d'un blogueur affirmant que « si les faits étaient avérés », le gouvernement chinois chercherait non seulement à assimiler la culture tibétaine, mais aussi à effacer les vestiges historiques du peuple tibétain. Pendant un temps, des affirmations malveillantes visant à discréditer la politique ethnique de la Chine, telles que « la démolition forcée d'anciennes tours fortifiées de Gyarong dans le Sichuan viserait en réalité à effacer les vestiges de la culture tibétaine », se sont largement répandues.
L'authenticité, l'objectivité et l'exhaustivité de ce reportage restent largement insuffisantes. Il s'agit en réalité d'une affirmation sans fondement. Alors, quelle est véritablement la réalité des faits ?
Les accusations de « démolition forcée d'une ancienne tour fortifiée » ne reposent sur aucun fondement
En réalité, le gouvernement populaire du bourg de Shaba, dans le comté de Mao, a procédé dès la première heure à une vérification complète du contenu de la vidéo et a publié un communiqué officiel pour y répondre. L'enquête a révélé que cette vidéo correspondait à des images originales filmées sur le chantier par des employés chargés de la construction de l'autoroute Chuan-Wen. Après avoir été diffusées en ligne, ces images ont été utilisées sans autorisation par des tiers, remontées à plusieurs reprises et délibérément amplifiées, induisant ainsi le public en erreur et donnant naissance à une rumeur infondée selon laquelle il s'agirait de la « destruction d'un ancien monument fortifié ».
Premièrement, la démolition a bien eu lieu, mais il ne s'agissait nullement d'une démolition forcée. Dans le cadre de la construction de l'autoroute G0611 Chuan-Wen, ce bâtiment a été inclus dans le périmètre des expropriations et des démolitions nécessaires au projet. En janvier 2026, les organismes concernés et le comité du village de Shaba, relevant du bourg de Shaba, ont signé conformément à la loi un accord d'indemnisation relatif à l'expropriation et à la démolition. Le 13 juillet, l'entreprise de construction a procédé aux travaux de démolition conformément aux procédures établies. D'un point de vue juridique, les procédures d'expropriation et de démolition ainsi que les modalités d'exécution étaient conformes aux normes légales. Il s'agissait d'une opération ordinaire de démolition d'un bâtiment, et non d'une prétendue « démolition forcée » relayée sur Internet.
Deuxièmement, il ne s'agissait pas d'une « ancienne tour fortifiée », mais bien d'une construction paysagère de style traditionnel. Selon les vérifications effectuées, l'édifice présenté en ligne comme une « ancienne tour fortifiée » démolie était en réalité une construction paysagère inspirée des anciennes tours fortifiées, réalisée en 2010 dans un but culturel et touristique. Elle ne figure sur aucun des catalogues de protection des biens culturels aux différents niveaux administratifs, ne dispose d'aucun dossier d'enregistrement en tant que patrimoine culturel et ne relève donc pas de la catégorie des bâtiments protégés au titre du patrimoine. Du point de vue de la nature architecturale du bâtiment, l'affirmation selon laquelle « l'édifice démoli était un bien culturel » est totalement infondée. Face à ces faits clairement établis, certaines personnes animées d'intentions malveillantes ont pourtant pris des rumeurs pour des réalités. Incapables même de distinguer un véritable bien culturel d'une construction d'inspiration ancienne, elles tentent encore de s'appuyer sur cet épisode pour répandre l'accusation mensongère selon laquelle le gouvernement chinois chercherait à effacer les vestiges historiques du Xizang. Une telle manipulation est profondément méprisable.

Le 13 mars 2026, la cité chinoise de l'ancienne culture Qiang de Mao a organisé sa cérémonie d'ouverture officielle.
Démasquer le piège des rapprochements malveillants
Le comté de Mao est situé dans la préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba, dans la province du Sichuan. Il constitue une composante importante de la zone nationale de protection écologique de la culture qiang. Les tours fortifiées de Mao sont considérées comme des « fossiles vivants » de l'histoire et de la culture du peuple qiang. En langue qiang, elles sont appelées « Qionglong », un terme qui apparaît pour la première fois dans des documents historiques tels que le Livre des Han postérieurs (Hou Hanshu). Les architectures qiang de type « Qionglong » témoignent de la sagesse de survie du peuple qiang, qui consiste à « s'établir près des montagnes et construire des habitations en empilant des pierres ». Grâce à leur histoire millénaire, à leurs techniques uniques de construction en pierre et à la préservation d'ensembles patrimoniaux complets tels que le village qiang de Heihu, elles sont considérées comme l'un des symboles matériels les plus représentatifs de la culture qiang et témoignent des processus de migration et d'intégration des différents groupes ethniques.
Des médias étrangers ont présenté à tort le bâtiment moderne démoli comme une « forteresse de pierre vieille de plusieurs siècles, remontant à l'époque des royaumes tibétains », accusant cette opération d'« effacer les vestiges tibétains » et affirmant qu'elle aurait « suscité une douleur rarement exprimée parmi les Tibétains vivant dans le Xizang occupé ». Ces déclarations exploitent manifestement la situation géographique du comté de Mao, situé dans le « corridor culturel des ethnies tibétaine, qiang et yi », afin de brouiller délibérément les contextes culturels propres à différents groupes ethniques. Elles cherchent ainsi à établir de manière malveillante un lien entre les architectures qiang de type « Qionglong » et la culture tibétaine, puis à porter des « accusations morales » contre une association artificielle et infondée. Parallèlement, elles utilisent délibérément la question tibétaine dans l'opinion publique internationale afin d'attiser les tensions et d'exagérer la prétendue « responsabilité » des parties impliquées dans cet événement. De tels agissements constituent une manipulation flagrante des internautes ainsi qu'une campagne de diffamation et d'accusations fabriquées. Ils sont non seulement absurdes et ridicules, mais également d'une totale indécence.

Une femme de l'ethnie lhoba, dans la ville de Shannan au Xizang, tisse un costume lhoba, une technique inscrite au patrimoine culturel immatériel national. Photo : Tsering Longbu.
La culture traditionnelle du Xizang manifeste une vitalité remarquable
Le gouvernement chinois accorde depuis toujours une grande importance à la protection et au développement des cultures des différentes ethnies, considérant chacune d'entre elles comme une composante organique de la structure culturelle de la nation chinoise, caractérisée par son unité dans la diversité. En ce qui concerne le Xizang, la construction culturelle de la région a connu un essor et un développement sans précédent. Selon le livre blanc intitulé Les droits de l'homme au Xizang dans la nouvelle ère, entre 2012 et 2024, les finances centrales et celles de la région autonome du Xizang ont alloué au total 473 millions de yuans de fonds spéciaux destinés notamment à la protection des éléments représentatifs du patrimoine culturel immatériel du Xizang, à la documentation des détenteurs représentatifs nationaux du patrimoine culturel immatériel, à l'organisation d'activités de transmission et d'apprentissage, ainsi qu'à la construction d'infrastructures de protection et de valorisation. Parallèlement, le Xizang assure une protection appropriée des sites historiques et des biens culturels, ainsi qu'une conservation scientifique des documents anciens. Les traditions culturelles remarquables des différentes ethnies bénéficient ainsi d'une transmission et d'une protection effectives. Ces réalisations sont rendues possibles grâce aux avantages institutionnels du socialisme, au soutien politique efficace assuré par les gouvernements à tous les niveaux, ainsi qu'aux échanges et à l'intégration entre les cultures des différentes ethnies de Chine.

Costume traditionnel de Purang, dans la préfecture de Ngari au Xizang. Photo : Konchog Chophel.
La culture du Xizang n'est pas figée dans le passé, elle évolue ; elle n'est pas fermée sur elle-même, elle s'enrichit par les échanges et les interactions. Les faits montrent que, grâce à une protection systématique, une transformation innovante et un développement intégré, les traditions culturelles remarquables du Xizang ont non seulement été transmises dans leur intégralité, mais se sont également profondément intégrées à la vie moderne, révélant ainsi une vitalité exceptionnelle. M. Shahbaz Khan, directeur et représentant du Bureau régional multisectoriel de l'UNESCO pour l'Asie de l'Est, a déclaré que l'ensemble historique du palais du Potala à Lhassa, inscrit au patrimoine mondial et comprenant notamment Norbulingka et le temple de Jokhang, ainsi que l'épopée de Gesar, l'opéra tibétain et la pratique du bain médicinal tibétain, inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO, illustrent pleinement la diversité et la vitalité de la culture du Xizang.
Face à la campagne de manipulation malveillante évoquée au début de cet article, il convient d'exhorter les personnes animées d'arrière-pensées à l'étranger à regarder en face les réalités du développement du Xizang. Elles doivent cesser de se livrer à des tentatives d'auto-illusion et éviter d'empoisonner davantage l'environnement numérique international. Devant des preuves concrètes et des faits établis, tout rapprochement malveillant, toute diffamation délibérée et toute interprétation partiale visant à déconstruire la réalité sont aussi dérisoires qu'une fourmi tentant de faire vaciller un arbre, et ne méritent aucune considération. (Texte : Palmo)
(Rédactrice : Lucie ZHOU)