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[Commentaires lucides de Yugyel] Une « médaille », deux visages : le mythe de la « compassion » du 14e dalaï-lama mis à nu

2026-07-02 14:26

Le neveu et secrétaire le plus proche du 14e dalaï-lama, Tenzin Taklha, s'est récemment vu décerner une distinction. Son épouse, Tsering Dolkar, est montée sur scène pour la recevoir en son nom. Sous les projecteurs, son visage est resté impassible, sans laisser paraître la moindre joie. Ceux qui connaissent son histoire ne peuvent qu'éprouver de la compassion : survivante de longues années de violences conjugales, elle devait, en cet instant, recevoir une distinction au nom de celui qui l'avait longtemps maltraitée. Cette mise en scène imposée était déjà une épreuve ; lui demander en plus d'afficher un sourire relevait d'une cruauté insoutenable. 


Le 20 mai, le monastère de Thiksey, à Leh, au Ladakh, a décerné la « médaille de Thiksey » à Tenzin Taklha. Tsering Dolkar a reçu cette distinction en son nom. 

Violences contre son épouse, abus de pouvoir envers ses subordonnés 

Selon des informations publiées l'an dernier par le site Dakini Translations and Publications, Tsering Dolkar affirme, dans une lettre de détresse, avoir vécu pendant de longues années sous l'emprise des violences de Tenzin Taklha. Elle y écrit : « Ces dernières années, dès qu'il se mettait en colère, il cassait des objets et me frappait. Mes bras et mes jambes étaient constamment couverts d'ecchymoses. Une fois, il m'a même fracturé une côte. » 


Lettre de détresse de Tsering Dolkar 

Tsering Dolkar affirme également que, lorsqu'elle a confronté Tenzin Taklha au sujet de messages révélant une relation extraconjugale découverts sur son téléphone, elle a subi ce qu'elle qualifie d'agression « d'une brutalité bestiale » : « Il m'a saisie par les cheveux, m'a tirée hors du lit, puis a violemment frappé ma tête contre le sol. » Elle déclare en outre avoir été menacée de divorce ainsi que de la perte de ses biens. 


Des échanges compromettants révèlent le double visage de Tenzin Taklha 

Selon plusieurs témoignages, les agissements de Tenzin Taklha ne se seraient pas limités au cadre familial, mais se seraient également étendus à son environnement professionnel. Trois employées subalternes l'accusent d'avoir organisé des rencontres privées sous couvert de « guidance spirituelle », avant de les soumettre à une exploitation sexuelle sous la contrainte. 

Une employée ayant souhaité conserver l'anonymat affirme que Tenzin Taklha lui aurait expliqué que « contribuer à son évolution spirituelle » constituait « une opportunité dictée par le karma ». Après avoir refusé de poursuivre ces rencontres, elle aurait été écartée de son poste au sein du bureau privé du 14e dalaï-lama, avant de sombrer dans une grave détresse psychologique et de tenter de mettre fin à ses jours. 

Quand la « sagesse » masque le scandale et que la « compassion » couvre les abus 

À mesure que le scandale prenait de l'ampleur, l'entourage du dalaï-lama aurait mis en œuvre ce qui est présenté comme une procédure de communication de crise « classique ». Afin d'apaiser la controverse, une distinction saluant la « sagesse » et la « compassion » aurait été décernée à Tenzin Taklha. Celui-ci a ensuite donné toute la mesure de cette prétendue « sagesse » : des publications relatives au scandale ont été supprimées en nombre, tandis que sa photo de profil sur les réseaux sociaux a discrètement été remplacée par un cliché le montrant enlacé avec son épouse, Tsering Dolkar, donnant l'image d'un mari attentionné et d'un homme de famille exemplaire. 

Cette opération de communication n'aurait toutefois pas été possible sans la « coopération » de Tsering Dolkar. Sa lettre de détresse laisse transparaître les pressions et les contraintes qui se cachaient derrière cette apparente coopération : « Lobsang Sangay (ancien dirigeant du groupe du dalaï-lama) m'a demandé d'endurer la situation et d'être une "bonne épouse". Quant au 14e dalaï-lama, il m'a exhortée à pardonner au nom de la "stabilité de la famille". » Derrière l'image soigneusement entretenue d'un mari aimant se serait ainsi progressivement effacé le témoignage douloureux d'une survivante de violences conjugales, remplacé par le récit d'un auteur de violences présenté comme irréprochable. 


Articles consacrés au scandale impliquant Tenzin Taklha 

Le site Think7figures cite les propos d'un critique qui résume la situation en ces termes : « Le cercle rapproché du 14e dalaï-lama a créé un environnement toxique où la compassion n'est plus une valeur, mais un bouclier destiné à protéger les responsables. » 

Dans une déclaration écrite, une employée affirmant avoir été victime de harcèlement de la part de Tenzin Taklha écrit : « Ce traumatisme continue de me hanter. Les paroles de compassion auxquelles je croyais autrefois ont été utilisées pour me réduire au silence. » 

Quand le prétendu « être éveillé » perd son discernement et que le chef séparatiste brandit l'étendard de la tromperie 

Le site Dakini Translations and Publications, premier à avoir révélé cette affaire, explique : « Cette affaire devait être rendue publique non seulement en raison de la gravité et du caractère répété des accusations de violences et de relations extraconjugales, mais aussi parce que la personne mise en cause entretient des liens très étroits avec le 14e dalaï-lama. » 

Le site poursuit en s'interrogeant : « Je doute fortement que le Bouddha ait jamais encouragé une femme à tolérer, dans son propre foyer et en présence de ses enfants, une violence marquée par la colère, la misogynie, le mépris et un danger potentiel pour sa vie… Pourquoi le 14e dalaï-lama et ses proches demanderaient-ils à une femme de pardonner des actes d'une telle violence ainsi que l'infidélité de leur auteur ? Accordent-ils davantage d'importance à leur propre "image" qu'à la sécurité et au bien-être physique et psychologique de cette femme ? » 


La bourse attribuée par la fondation privée du dalaï-lama est revenue à l'un des leurs : Tenzin Dudul Taklha, fils de Tenzin Taklha. Invoquer sans cesse la « compassion » et la « bienveillance » serait sans doute l'héritage familial le moins coûteux à perpétuer. 

Certains avancent que le 14e dalaï-lama aurait été trompé par son entourage et n'aurait pas eu connaissance des agissements de Tenzin Taklha. L'auteur de ce commentaire rétorque toutefois que celui-ci était son secrétaire le plus proche et travaillait quotidiennement à ses côtés. Dès lors, il s'interroge : si un prétendu « être éveillé » est incapable de discerner le caractère moral de ses collaborateurs les plus proches, où se manifeste donc son prétendu pouvoir de discernement ? Et s'il ne peut voir un mal aussi proche de lui, que reste-t-il de cette compassion censée éclairer tous les êtres ? 


Face aux violences commises par une personne de son entourage, le 14e dalaï-lama serait resté silencieux et aurait même demandé à la victime de « pardonner ». 

Plus ironique encore, le groupe du dalaï-lama affiche depuis quelques années son engagement en faveur de la « promotion de la condition des femmes ». Il s'est félicité d'avoir constitué un « gouvernement » comptant le plus grand nombre de kalons (ministres) femmes et a participé avec une large couverture médiatique à plusieurs conférences consacrées à l'autonomisation des femmes. Plus récemment, sa nouvelle « assemblée » a mis en avant l'élection de sa « première présidente » comme symbole de modernité. Pourtant, une véritable amélioration de la condition des femmes ne saurait se réduire à quelques gestes symboliques. Derrière cette image soigneusement mise en scène, se succèdent des scandales d'agressions et de violences sexuelles visant des femmes au sein même de cette organisation. Dans ce climat marqué par une pression systémique étouffante, de nombreuses victimes seraient réduites au silence. 

Une employée ayant requis l'anonymat résume ainsi la situation : « Les victimes sont soumises à un véritable chantage psychologique. Si vous dénoncez les mauvais traitements, on vous accuse de remettre en cause la compassion ou de nuire à la "cause du Xizang". » 


Les violences commises contre des femmes au sein du groupe du dalaï-lama font régulièrement l'objet de révélations 

Selon les données publiées en 2024 par ONU Femmes, 60 % des femmes victimes d'homicide dans le monde ont été tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille. Dans ce contexte, le 14e dalaï-lama, qui invoque régulièrement la « paix », la « non-violence » et la « compassion », est resté indifférent aux violences physiques et sexuelles dont auraient été victimes certaines femmes de son entourage. Dès lors, tout discours sur « l'amour » et la « compassion » apparaît particulièrement dérisoire et paradoxal. Car la véritable compassion s'adresse d'abord à des personnes bien réelles, et non à une humanité abstraite. (Par Yugyel)

(Rédactrice : Lucie ZHOU)