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[Commentaires lucides de Yugyel] Le fantasme de supériorité de l'Amérique et du groupe du 14e dalaï-lama

2026-04-22 10:41

Lors de sa 80e session, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté à une majorité écrasante une résolution qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains comme « les plus graves crimes contre l'humanité », apportant ainsi une qualification juridique à un traumatisme historique profond s'étendant sur près de quatre siècles, du XVe au XIXe siècle. Les États-Unis ont voté contre avec arrogance, soutenant que de telles pratiques n'étaient pas « illégales » au regard du prétendu droit international de l'époque, et refusant de reconnaître toute responsabilité juridique en matière de réparation. 

Les élites d'hier, qui avaient accumulé leurs richesses grâce à l'esclavage, ont troqué leurs habits d'antan contre le costume-cravate, se drapant d'une apparence de civilisation pour siéger sur la scène internationale, dissimulant dans un simple vote la persistance de leurs intérêts coloniaux et esclavagistes. Cette volonté délibérée d'éluder toute responsabilité historique révèle un attachement tenace aux privilèges hérités du passé colonial ainsi qu'à une logique d'expansion hégémonique. Les vestiges de la pensée esclavagiste demeurent profondément ancrés dans les positions étatiques, sans qu'un véritable examen critique ni repentir sincère n'aient été entrepris. 


Lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, « la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains » a été qualifiée, à une majorité écrasante, de crime contre l'humanité parmi les plus graves. Le résultat du vote s'établit à 123 voix pour, 3 contre — États-Unis, Israël et Argentine — et 52 abstentions, dont la majorité des pays européens. Source : site des Nations Unies. 

Face à une position internationale juste et incontestable, le silence et l'esquive des États-Unis ne font que mieux révéler ce qu'ils cherchent à dissimuler. 

L'essor de l'économie américaine à ses débuts reposait étroitement sur le système esclavagiste. La traite triangulaire transatlantique et le commerce intérieur des esclaves ont alimenté sans relâche l'économie nationale, par la violence et le recours au travail forcé, permettant une accumulation primitive du capital rapide et propulsant le pays dans le sillage de la première révolution industrielle. Dans les plantations du Sud, des tonnes de coton ont généré des richesses considérables, au prix du labeur quotidien d'esclaves noirs soumis aux coups et aux humiliations. Ce coton, à la blancheur trompeuse, passé entre les mains des capitalistes, a relié terres, esclaves, capital et pouvoir hégémonique, édifiant un empire du coton aux ramifications mondiales, marqué par une profonde injustice. 

Le « rêve américain » que célèbrent certaines élites fortunées repose sur une logique de prédation — prospérer en se nourrissant des souffrances d'autrui — et se traduit par des pratiques relevant d'une mentalité esclavagiste : traite d'êtres humains, objectivation des personnes et travail forcé. Le fait qu'aujourd'hui les États-Unis recourent à leur droit de veto pour entraver toute tentative de réparation historique montre que ces « esclavagistes contemporains » ne sont toujours pas prêts à renoncer à exploiter et à opprimer d'autres nations afin d'en tirer profit. Cela révèle, plus profondément encore, que sous le vernis d'un langage diplomatique raffiné subsiste une même obsession : celle de la domination exclusive et de l'accaparement des privilèges. 

Mais cette illusion de supériorité ne se limite pas aux États-Unis. Le groupe du dalaï-lama, en exil, s'oppose obstinément aux réformes démocratiques au Xizang et nourrit l'ambition de restaurer un système théocratique de type servagiste, faisant écho, d'une manière singulière, à certaines logiques hégémoniques. Les notions de « paix » et de « non-violence » qu'il met en avant ne constituent qu'un écran de discours destiné à dissimuler des objectifs politiques : entraver le développement du Xizang, promouvoir des tendances séparatistes, maintenir une nostalgie des privilèges féodaux et ignorer les droits fondamentaux des populations concernées. 

Avant la réforme démocratique de 1959 au Xizang, la classe des seigneurs de serfs — représentant moins de 5 % de la population, y compris les « Trois grands seigneurs » et leurs agents — détenait l'ensemble des terres cultivées, des forêts, ainsi que la majeure partie du bétail, des outils agricoles, des habitations et des autres moyens de production. Les 95 % restants de la population étaient réduits à l'état de serfs et d'esclaves, incapables d'échapper à l'exploitation systématique des fruits de leur travail. Ce que le groupe du dalaï-lama cherche à restaurer et à perpétuer, c'est précisément ce système d'asservissement. La réforme démocratique a permis à un million de serfs de se libérer, tandis que l'émergence d'une conscience égalitaire et les progrès sociaux qui l'ont accompagnée ont définitivement anéanti le fantasme de domination de ceux qui aspiraient à être « au-dessus des autres ». 


Un serf amaigri, enchaîné, travaillant dans les champs. 

Le dalaï-lama, en tant que représentant suprême du groupe des seigneurs de serfs, concentrait entre ses mains l'ensemble des privilèges religieux, politiques et économiques. La réforme démocratique signifiait l'abolition du servage et la suppression de tous les privilèges de cette classe dominante, ouvrant la voie à l'édification d'un nouveau Xizang fondé sur l'équité et des principes démocratiques — une évolution que le groupe du dalaï-lama ne pouvait tolérer. Ce qu'il recherche, c'est la perpétuation d'un statut dominant, le maintien indéfectible de la domination d'une minorité sur la grande majorité. Cette logique fait écho à celle qui conduit les États-Unis à s'opposer à la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité le plus grave et à refuser toute responsabilité historique : dans les deux cas, il s'agit de se placer du côté des oppresseurs pour défendre un système obsolète. Leur refus de la justice historique relève, au fond, d'une même logique condamnable. 

Au XXIe siècle, alors que la quête de liberté et de paix est devenue un consensus partagé par les peuples du monde, le servage apparaît en profonde contradiction avec le cours de l'histoire humaine. De la Déclaration d'indépendance d'Haïti en 1804 à l'abolition de l'esclavage au Brésil en 1888, il a fallu près d'un siècle aux esclaves noirs pour se libérer du sort qui leur avait été imposé par l'Occident. Au Xizang, en Chine, l'aube de la réforme démocratique a éclairé les recoins de l'ancien Xizang ; sous la direction du Parti communiste chinois, le « Toit du monde » a connu une véritable renaissance. 


En 1959, le Comité préparatoire de la région autonome du Xizang a tenu sa deuxième session plénière et adopté une résolution relative à la mise en œuvre de la réforme démocratique dans l'ensemble du Xizang. Photo : Chen Zonglie. 

Le cours de l'histoire ne s'arrête jamais pour ceux qui vont à contre-courant. Les navires ayant traversé l'Atlantique, chargés d'êtres humains réduits à de simples marchandises, ainsi qu'un million de serfs privés de droits dans l'ancien Xizang, témoignent des crimes contre l'humanité engendrés par l'esclavage et rappellent au monde que toute pratique qui piétine les droits humains et trahit la conscience morale revient à tourner la baïonnette contre ses semblables : elle ne saurait être ni justifiée ni pardonnée. (Par Palmo) 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)