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Lei Jianbin : comprendre correctement la relation entre la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite, et l'apprentissage et l'usage des langues parlées et écrites des minorités ethniques

2026-06-25 18:25

Quelles sont les considérations législatives de la Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques concernant la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite, et comment garantit-elle simultanément le droit de toutes les ethnies à utiliser et à développer leur propre langue parlée et écrite ? 

Le 24, le Bureau de l'information du Conseil des affaires d'État a tenu une conférence de presse, à cette occasion, Lei Jianbin, directeur adjoint de la Commission des affaires législatives du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, a répondu à certaines questions sur ce sujet. 

Journaliste de Dazhong News / Dazhong Daily : Ces dernières années, la promotion et vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite ont obtenu des résultats remarquables dans tout le pays, en particulier dans les régions à forte population ethnique minoritaire. Ma question est la suivante : quelle est la principale considération qui a conduit la Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques à inclure des dispositions relatives à la promotion et à la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite ? Comment les droits des différentes ethnies à utiliser et à développer leur propre langue parlée et écrite sont-ils garantis parallèlement ? 

Réponse de Lei Jianbin, directeur adjoint de la Commission des affaires législatives du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale : La question linguistique est un phénomène social très complexe et chacun peut l'aborder sous des angles différents. Par exemple, certains disent que la langue est l'écorce de la pensée, d'autres qu'elle est le vecteur de la culture, il existe toutes sortes d'interprétations. Aujourd'hui, je parlerai principalement de la langue sous l'angle de la communication, car la compréhension mutuelle entre les personnes présuppose une langue commune : sans compréhension linguistique, il est impossible de communiquer, sans communication satisfaisante, la compréhension mutuelle ne peut s'établir. Il convient de souligner que la promotion et la diffusion d'une langue et d'une écriture communes nationales constituent un enjeu auquel sont confrontés tous les pays du monde ainsi qu'un travail fondamental de construction nationale. Pourquoi affirmer cela ? Je dispose ici d'un chiffre : parmi plus de 200 pays et régions du monde, on compte plus de 2 500 groupes ethniques et plus de 7 000 langues, chacun peut constater que, dans un État multiethnique, la manière de promouvoir une langue et une écriture communes est un travail fondamental extrêmement important. Une autre statistique montre qu'à l'heure actuelle plus d'une centaine d'États souverains précisent explicitement dans leur constitution l'existence d'une langue parlée et et écrite communes, ou utilisent des appellations différentes : certains parlent de langue officielle, d'autres de langue nationale, d'autres encore de langue commune, dans tous les cas, il s'agit d'une langue et d'une écriture communes. En même temps, ces États en déterminent le statut juridique. Par exemple, la Constitution française stipule clairement que la langue de la République française est le français. De même, de nombreux pays comme la Russie, la Suisse, l'Inde ou la Turquie comportent des dispositions similaires dans leur constitution. Aux États-Unis, un décret présidentiel stipule que l'anglais est la langue officielle des États-Unis. Ce sont là quelques exemples de dispositions adoptées par d'autres pays. S'agissant de notre pays, la Constitution de la Chine prévoit clairement que l'État promeut le putonghua (le mandarin) comme langue commune à l'échelle nationale, la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite constituent donc une responsabilité prévue par la Constitution. Pour mettre en œuvre cette disposition constitutionnelle, le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale a adopté la Loi sur la langue chinoise standard parlée et écrite, qui est la loi spécialisée en la matière, cette loi a fait l'objet d'une dernière révision en décembre 2025. Voilà pour la situation générale.  

Du point de vue des besoins réels, dans la marche actuelle de l'édification d'un pays puissant et du grand renouveau de la nation, la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite constituent une mesure fondamentale permettant de renforcer les bases et consolider les fondements, qu'il s'agisse d'améliorer le niveau scientifique et culturel des populations de toutes les ethnies, de favoriser une marche commune vers la modernisation et de renforcer un sentiment d'appartenance à la communauté de la nation chinoise. Afin de mettre davantage en évidence l'importance du rôle joué par la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite, l'article 15 de la Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques prévoit explicitement que l'État doit promouvoir et généraliser pleinement la langue chinoise standard parlée et écrite, il exige qu'aucune organisation ni aucun individu n'entrave les citoyens dans leur apprentissage et leur utilisation de cette langue et de cette écriture, il précise également que les écoles et autres établissements d'enseignement doivent utiliser la langue chinoise standard parlée et écrite comme langue et écriture fondamentales de l'enseignement et de l'apprentissage, en outre, il définit clairement les exigences relatives à l'usage de la langue et de l'écriture dans l'administration publique ainsi que dans les lieux publics. Toutes ces dispositions mettent en œuvre les exigences constitutionnelles relatives à la promotion et à la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite, et elles s'articulent également avec la Loi sur la langue chinoise standard parlée et écrite récemment révisée, elles constituent un moyen essentiel pour construire une communauté spirituelle commune ainsi qu'une mesure essentielle pour renforcer le sentiment d'appartenance à la communauté de la nation chinoise, elles contribuent à faire jouer à la langue chinoise standard parlée et écrite un rôle crucial dans l'édification de cette communauté nationale, et elles permettent également à toutes les ethnies de participer au processus du grand renouveau national et d'en partager les fruits. Telle est la situation générale. 

Par ailleurs, vous avez évoqué la question de la protection du droit des populations des minorités ethniques à apprendre et à utiliser leur propre langue parlée et écrite, je pense qu'il convient de souligner qu'il ne faut pas opposer la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite à l'apprentissage et à l'usage des langues parlées et écrites des minorités ethniques. La garantie du droit de toutes les ethnies à utiliser leur propre langue et leur propre écriture est clairement prévue par la Constitution. L'article 4 de la Constitution dispose que chaque ethnie jouit de la liberté d'utiliser et de développer sa propre langue parlée et écrite. Par ailleurs, comme je l'ai mentionné, l'article 9 de la Loi sur la langue chinoise standard parlée et écrite dispose que toutes les ethnies ont la liberté d'utiliser et de développer leur propre langue et leur propre écriture, l'usage des langues parlées et écrites des minorités ethniques étant régi conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution, de la Loi sur l'autonomie des régions ethniques et des autres lois, l'article 15 de la Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques prévoit également explicitement que l'État respecte et garantit l'apprentissage et l'usage des langues et écritures des minorités ethniques, qu'il encourage leur normalisation, leur standardisation et leur informatisation, qu'il soutient également la préservation, le classement, l'étude et l'exploitation des ouvrages anciens des minorités ethniques. L'article 29 de cette même loi dispose en outre que l'État encourage les différentes ethnies à apprendre mutuellement leurs langues et leurs écritures. Toutes ces dispositions témoignent pleinement du soutien apporté à l'apprentissage et à la préservation des langues parlées et écrites des minorités ethniques. Comme chacun le sait, l'Assemblée populaire nationale compte près de 3 000 députés, dont 442 représentants des minorités ethniques, soit 14,85 % du total, conformément à la Constitution et à la Loi sur les députés, comme l'a rappelé tout à l'heure le directeur Chen Ruifeng en rappelant qu'« aucun ne doit être laissé de côté », chaque minorité ethnique, même la moins nombreuse, doit disposer d'au moins un député à l'Assemblée populaire nationale. À chaque session de l'Assemblée, un grand nombre de représentants des minorités ethniques participent aux travaux, et certains ont besoin d'utiliser leur propre langue et leur propre écriture, l'Assemblée doit garantir à ces représentants la possibilité d'utiliser leur langue parlée et écrite afin d'exercer leurs fonctions. Par exemple, de nombreux documents de séance sont disponibles en plusieurs versions dans des langues de minorités ethniques. Rien que pour cette conférence de presse, j'ai apporté quelques documents relatifs à l'examen de la Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques afin de vous les montrer. Lors de l'examen du projet de cette loi par l'Assemblée, des versions traduites ont été réalisées dans sept langues de minorités ethniques : mongole, tibétaine, ouïghoure, kazakhe, coréenne, yi et zhuang. Comme vous pouvez le constater, il s'agit des différentes versions linguistiques du projet de Loi sur la promotion de l'unité et du progrès ethniques utilisées lors de son examen. Dans l'exercice de ses fonctions, l'Assemblée garantit pleinement à tous les représentants des minorités ethniques la possibilité d'utiliser la langue et l'écriture qu'ils maîtrisent le mieux. Il convient de souligner que la promotion et la vulgarisation de la langue chinoise standard parlée et écrite, tout comme la garantie de l'usage des langues et écritures propres aux minorités ethniques, sont toutes deux prévues par la Constitution et par la loi, et bénéficient toutes deux d'une protection juridique : il est donc inopportun d'opposer totalement l'une à l'autre. 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)