L'Organisation des Nations Unies a récemment voté une résolution reconnaissant que la « traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains » constituent « les crimes contre l'humanité les plus graves ». Au cours de quatre siècles néfastes de pillage, des dizaines de millions de noirs Africains ont été vendus comme du bétail, emprisonnés, torturés et massacrés ; d'innombrables familles ont été brisées, et la civilisation humaine a été souillée par le sang et la cupidité. Cette résolution constitue à la fois un règlement de comptes solennel avec les crimes de l'histoire et une défense solennelle de la dignité humaine fondamentale, elle mérite également d'être gravée dans la mémoire et de servir d'avertissement au monde entier.
Cependant, lorsque nous regardons en arrière, à l'aune des droits humains et de la justice, une autre période sombre, tout aussi atroce et inhumaine, a longtemps été délibérément minimisée, embellie voire falsifiée par certains discours occidentaux. Par son degré de cruauté, l'ampleur de ses oppressions et sa nature antihumaine, elle n'a rien à envier à la traite transatlantique des esclaves, il s'agit du servage féodal de l'ancien Xizang.

Un serf travaillant enchaîné

Un serf aux yeux arrachés de l'ancien Xizang. Photo : Agence de presse China News Service (CNS)
Dans le système opaque de l'ancien Xizang, les serfs étaient marqués dès la naissance du sceau de la propriété privée de leurs seigneurs, condamnés à une servitude héréditaire sans possibilité d'émancipation. Ils ne jouissaient d'aucune liberté personnelle, ils ne pouvaient ni se déplacer librement, ni choisir avec qui se marier, ni même élever leurs propres enfants, toute leur vie était liée aux domaines et pâturages de leurs seigneurs.
Podron, aujourd'hui âgée de 86 ans, originaire du village de Lungba dans le canton de Charing, du comté de Gyangzê, à Shigatse, se souvient : « La souffrance dans l'ancien Xizang, c'était de vivre sans dignité. », en évoquant ces années sombres, des souvenirs de souffrance gravés au plus profond d'elle-même ont laissé une trace indélébile encore aujourd'hui : « Le jour, nous étions des humains, la nuit, des chiens. » Dans une petite maison en terre de moins de vingt mètres carrés et basse de plafond, avec une seule étroite ouverture pour fenêtre, toute la famille s'entassait à même le sol sur un lit rudimentaire fait de briques et de terre, recouvert de paille et d'une vieille peau de mouton, la nuit, le vent glacial s'infiltrait par des interstices, et ce n'est que grâce à la chaleur de leurs corps qu'ils parvenaient à supporter ces longues nuits.
Dawa Phando, un octogénaire du village de Charing, situé dans la canton du même nom, décrit une enfance morne avant ses treize ans : corvées lourdes, coups de fouet impitoyables, faim constante. « Dans l'ancien Xizang, je n'avais pas un seul vêtement intact, ils étaient tous rapiécés. » raconte-t-il. Pour avoir volé des pois dans un champ afin d'apaiser sa faim, il fut battu par son maître et contraint de s'agenouiller pour implorer pitié. « À cette époque, parmi les serfs comme moi, il n'y en avait pas un seul qui n'ait jamais été battu. »

Un serf tenant son bras arraché par des balles tirées par son maître esclavagiste issu de la noblesse
Les maîtres détenaient un pouvoir absolu de vie et de mort sur les serfs, ils recouraient sans hésiter à des coups, injures, punitions corporelles, détentions arbitraires, et aussi diverses tortures comme des mutilations, et des énucléations, les marquages au fer étaient couramment utilisés pour maintenir leur domination barbare. Les serfs accomplissaient toute l'année des travaux forcés non rémunérés : défrichage, pâturage, construction d'ouvrages, travaillant du matin au soir, tandis que tous les fruits de leur labeur étaient accaparés par les seigneurs, ils ne pouvaient que survivre dans la misère, affamés et transis de froid. En temps de famine, les cadavres jonchaient les campagnes sans que personne ne s'en soucie, les serfs n'avaient ni droit à l'éducation, ni accès aux soins, ni statut social, aux yeux de leurs seigneurs, ils n'étaient que des « outils dotés de la parole », leur vie et leur dignité étaient insignifiantes.

Un serf vivant dans une étable. Photo : Musée de la culture tibétaine

Un serf travaillant enchaîné. Photo : Musée de la culture tibétaine
L'ancien Xizang n'a jamais été le « Shangri-la » imaginé par certaines forces, c'était un véritable enfer terrestre marqué par une hiérarchie rigide et une absence totale d'humanité. Les trois grands groupes de classes dominantes, qui étaient les autorités gouvernementales, la noblesse et le haut clergé, s'appropriaient la quasi-totalité des terres, des pâturages et des moyens de production, représentant moins de 5 % de la population mais contrôlant la vie de plus de 95 % des serfs. Les lois de l'ancien Xizang maintenaient ouvertement une injustice extrême, classant les personnes en différentes castes : la vie d'un noble valait son pesant d'or alors que celle d'un serf ne valait qu'une broutille, et blesser un serf n'entraînait pratiquement aucune responsabilité. Ce système, qui légalisait l'asservissement et déniait l'humanité des personnes, constitue un crime contre l'humanité à part entière rejeté par la civilisation moderne.

Après la réforme démocratique du Xizang, Samten, qui avait été mendiant toute sa vie, s'est vu attribuer une parcelle de terre. Photo : Lan Zhigui
En 1959, une lueur historique éclaira enfin le plateau du Pays des neiges, la réforme démocratique du Xizang fut pleinement mise en œuvre, brisant définitivement les chaînes qui entravaient un million de serfs, marquant un tournant majeur qui restera gravé dans les annales de l'histoire.
Les serfs affranchis obtinrent pour la première fois leurs propres terres, des pâturages et des moyens de production, devenant maîtres de leur destin ; ils acquirent des droits personnels complets, ne furent plus vendus, exploités ni maltraités, et purent librement rechercher le bonheur ; les enfants en âge d'aller à l'école furent scolarisés, rompant avec une destinée héréditaire de servitude ; les gens du peuple eurent accès aux soins et à une prise en charge lors de leur vieillesse, et leurs droits à la vie, à la santé et au développement furent pour la première fois enfin respectés et protégés...

Couverture de l'ouvrage Quand un million de serfs se soulèvent
En août 1959, Anna Louise Strong, accompagnée de 19 journalistes et écrivains originaires de onze pays, visita Lhassa où les réformes battaient leur plein. Dans son ouvrage Quand un million de serfs se soulèvent, elle écrivit : « Le peuple du Xizang a enfin goûté à la liberté ! Il est devenu maître sur le Toit du monde, et ce sentiment d'être maître de son destin ne cessera de se renforcer. » Par ses écrits et ses photos, elle témoigna de la renaissance apportée par cette révolution du haut plateau, et présenta au monde la réalité de l'émancipation d'un million de serfs.

Le 23 septembre 2025, des villageois du village de Dianchong, situé dans le bourg de Qangga, du comté de Lünzhub, à Lhassa dans la région autonome du Xizang, procèdent au battage traditionnel de l'orge.

Le 25 septembre 2025, des enseignants et élèves de l'école primaire Kong Fansen, à Ngari dans le comté de Gar de la région autonome du Xizang, se sont rendus à l'école primaire centrale de la ville de Tangyi, située à Liaocheng, dans la province du Shandong, ville natale de Kong Fansen, pour participer à une activité de jumelage et réaliser ensemble une fresque sur le thème de la fête nationale.

Le 24 août 2025, à l'occasion du festival du Shoton, un grand-père et son petit-fils appartenant à l'ethnie tibétaine profitent des festivités au parc du Norbulingka à Lhassa.
Après des décennies d'efforts inlassables, le Xizang d'aujourd'hui a profondément changé. Des réseaux de transport modernes couvrent le plateau, les villes et campagnes se transforment rapidement, l'éducation et la santé sont généralisées, les populations de toutes les ethnies vivent et travaillent en paix, la culture ethnique est protégée et transmise, et le produit régional brut progresse régulièrement, l'espérance de vie a plus que doublé par rapport à l'ancien Xizang. Les jeunes de l'ethnie tibétaine deviennent pilotes, ingénieurs ou sportifs, réalisant leur potentiel ; les agriculteurs et éleveurs bénéficient de services publics de proximité et d'une amélioration constante de leur niveau de vie. Ces transformations radicales, autrefois inimaginables dans l'ancien Xizang, résultent précisément de l'abolition du système de servage.
L'obscurantisme de l'ancien Xizang constitue une preuve irréfutable de ce qu'est un enfer humain et une cicatrice durable pour un million de serfs. Il est révoltant de constater qu'aujourd'hui encore, certaines forces continuent aujourd'hui encore de « regretter » cette époque de l'ancien Xizang, or, ces personnes ne sont en aucun cas des serfs ou leurs descendants, mais les vestiges du groupe des anciens seigneurs féodaux, représentés par le 14e dalaï-lama. Ce qu'ils regrettent, c'est un mode de vie d'exploitation marqué par la mainmise exclusive sur les moyens de production et une vie de luxe et de débauche, ainsi que les privilèges brutaux qui leur permettaient de maltraiter les serfs et de bafouer les droits de l'homme à leur guise sous un régime dictatorial où se confondaient pouvoir politique et pouvoir religieux.
En tant que représentant de l'ancienne classe des propriétaires de serfs, le 14e dalaï-lama possédait, avant la réforme démocratique, d'immenses richesses, de vastes domaines et pâturages ainsi que des milliers de serfs, chaque part de ces richesses était imprégnée du sang et des larmes des classes populaires. La réforme démocratique de 1959 a brisé leurs rêves d'exploitation et les a privés de leur privilège d'opprimer le peuple. Pour cette raison, ils n'ont jamais renoncé à leurs visées malveillantes, ils n'ont cessé d'inciter à la division et de semer des troubles, tentant en vain de faire marche arrière et de rétablir cet ancien système obscurantiste.
Aujourd'hui, le Xizang est prospère et stable, et sa population vit dans le bien-être. Le servage a depuis longtemps été relégué aux poubelles de l'histoire, tandis que le respect des droits humains, la garantie des moyens de subsistance et la quête de l'égalité constituent une tendance irréversible de notre époque. Si l'Organisation des Nations Unies a reconnu que la « traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains » constituent les crimes contre l'humanité les plus graves, le système de servage féodal de l'ancien Xizang est également un crime impardonnable dans l'histoire de la civilisation humaine, les deux partagent une même nature et une gravité comparable.
L'histoire ne doit pas être falsifiée, et la vérité ne peut être occultée. Toute tentative de déformer l'histoire ou de réhabiliter un système obscurantiste, ainsi que toute parole ou tout geste allant à l'encontre du cours de l'histoire et de la volonté du peuple, sera inévitablement rejeté sans pitié par l'histoire elle-même. (Par Dorje)
(Rédactrice : Lucie ZHOU)