La communauté de Lugu, située dans le quartier de Barkor, de l'arrondissement de Chengguan à Lhassa, est une grande famille où cohabitent plusieurs ethnies, dont les Han, les Tibétains, les Hui et les Tu. En 2024, le comité de quartier de Lugu s'est vu décerner le titre de « Collectif modèle national pour l'unité et le progrès ethniques ».

Construire un « pont de connexion » pour favoriser la communication
En tant que seule communauté au niveau national désignée comme « communauté modèle d'apprentissage bilingue », Lugu a transformé « l'apprentissage des langues » en un lien qui « rassemble les cœurs ». Dans la petite salle de classe d'apprentissage bilingue du centre de services communautaires, on voit deux longues tables bien astiquées, le petit tableau est couvert d'expressions quotidiennes en tibétain et en chinois, et les étagères dans l'angle de la pièce sont soigneusement garnies d'ouvrages tels que 1 000 phrases en mandarin et 300 phrases pour parcourir Lhassa.
« Ces deux livres sont distribués gratuitement. Qu'ils soient jeunes ou âgés, tous ceux qui souhaitent apprendre peuvent les prendre », explique Tenzin Drolma en feuilletant un exemplaire sous les yeux du journaliste, les pages étant annotées d' indications phonétiques simples. L'enseignement bilingue de la communauté évite une uniformité rigide : il s'appuie sur une équipe composée de « binômes d'apprentissage bilingue, d'enseignants communautaires et de diplômés universitaires bénévoles » pour dispenser un enseignement par groupes selon le niveau de chacun, stimulant ainsi pleinement l'enthousiasme et l'initiative des apprenants.

« Depuis l'ouverture de ces petites classes, plus de 180 apprenants ont déjà terminé leur formation avec succès », indique Tenzin Drolma. « Aujourd'hui, que ce soit pour accomplir des formalités, faire des achats ou discuter entre voisins, plus personne ne craint les barrières de la communication. »
Tu apprends une salutation en tibétain, je retiens un mot en chinois : l'apprentissage bilingue est une « rencontre mutuelle ». Les questions-réponses en classe et les échanges informels après les cours ont progressivement transformé les résidents de différentes ethnies en amis partageant toutes sortes de sujets.
Des services aux personnes âgées qui réchauffent le cœur
La communauté de Lugu compte plus de 200 résidents de plus de 70 ans, dont beaucoup vivent seuls ou sont des parents dont les enfants ont « quitté le nid familial ». Mais ici, « le nid peut être vide, pas le cœur ; on peut vivre seul, mais pas nécessairement dans la solitude ». Lauréate du titre de « Communauté modèle nationale favorable aux personnes âgées », Lugu a bâti pour eux un chaleureux « second foyer » grâce à un méticuleux souci du détail.
Au relais de services réservé aux aînés de la communauté, fauteuils de massage et tables de jeux sont à disposition, tandis que thé au beurre, thé sucré et thé léger sont servis gratuitement toute l'année. Mais la chaleur humaine ici va bien au-delà des équipements visibles.

« De nombreux enfants des personnes âgées travaillent dans d'autres contrées. Lorsque nos visites à domicile révèlent des difficultés chez des aînés isolés, nous organisons à tour de rôle des livraisons de déjeuners à domicile et des visites régulières par le personnel communautaire », explique Tenzin Drolma. Les services à domicile « d'aide aux repas, de soins médicaux et de ménage » permettent aux personnes à mobilité réduite de bénéficier de commodités sans sortir de chez elles.
La communauté a également attribué à chaque personne âgée en difficulté un système de parrainage – cela peut autant être un membre du Parti en activité, qu'un employé communautaire ou un résident bénévole. « Prendre soin des personnes âgées ne signifie pas seulement veiller à leur santé physique, il faut aussi leur offrir une présence et une chaleur semblables à celle de leur famille. »
Une vocation de « servir le peuple » qui diffuse du réconfort
« Persévérer dans le service au peuple, œuvrer de tout son cœur pour le peuple », en entrant dans le centre de services communautaires de Lugu, cette devise en lettres rouges sur le mur attire immédiatement le regard. Ici, le service ne fait aucune distinction d'ethnie, de statut de résident ou de touriste ; il réchauffe chacun par des actions concrètes, incarnant ainsi l'engagement premier de « servir le peuple ».

Lors des fêtes traditionnelles chinoises, les spectacles artistiques sur la thématique « Nos fêtes » de la communauté de Lugu affichent toujours complet. Les résidents de toutes les ethnies se réunissent pour participer à des activités festives variées : écrire ensemble des sentences parallèles de la Fête du Printemps et découper des papiers décoratifs ; partager des gâteaux de lune et converser chaleureusement lors de la Fête de la mi-automne ; apprendre ensemble à préparer la tsampa et les raviolis lors du Nouvel An tibétain, découvrant ainsi par la pratique le charme des différentes cultures. Sur scène, musiques et danses des diverses ethnies se succèdent, tandis qu'applaudissements et rires fusent dans le public. Ces activités festives en apparence ordinaires s'apparentent en réalité à des plates-formes d'échange soigneusement conçues par la communauté, tenant compte de la cohabitation multiethnique, où les liens entre résidents de toutes ethnies se renforcent naturellement dans une atmosphère chaleureuse.
Plus remarquable encore, cette chaleur humaine ne se limite pas aux résidents du quartier ; elle s'étend également aux « visiteurs venus de loin ».
Dans un coin du centre de services, un carton est rempli de boîtes de médicaments contre le mal de l'altitude : remèdes contre le rhume, antalgiques, glucose, il y a de tout et tout est disponible gratuitement pour les touristes. « Les deux bouteilles d'oxygène à côté permettent à chacun de s'oxygéner pendant une demi-heure. En été, lorsque les touristes sont nombreux, nous pouvons en accueillir jusqu'à une vingtaine par jour qui pourront s'oxygéner à tour de rôle. La communauté dispose également de bouteilles d'oxygène jetables, que les touristes peuvent prendre en cas de besoin. »

« Ce que les touristes redoutent le plus en venant à Lhassa, c'est le mal de l'altitude. Les aider à soulager leur inconfort et leur faire sentir la chaleur de Lhassa nous rend aussi heureux. » Ces mots, prononcés par un membre du personnel communautaire, sont d'une simplicité désarmante, mais ils laissent transparaître une chaleur humaine qui dépasse le strict cadre du devoir.
Une boîte de médicaments, une séance d'oxygénation, des services en apparence modestes, mais qui reflètent la profondeur du travail communautaire. Lorsque des touristes reçoivent cette aide sans distinction sur ces terres inconnues, ils perçoivent non seulement la bienveillance d'une communauté, mais aussi la chaleur d'une ville tout entière.
Une seule famille, unie et solidaire
« Plusieurs ethnies vivent ensemble ici, sans barrières. Nous discutons ensemble des affaires et résolvons ensemble les difficultés », souligne Tenzin Drolma.
Dans cette communauté distinguée comme « Collectif modèle national pour l'unité et le progrès ethniques », on ressent que la solidarité ethnique n'est pas un projet artificiel, mais un sentiment qui émerge naturellement de petits gestes chaleureux quotidiens.
Dans le quartier, le soleil brille, chaleureux. Sous ce « toit accueillant », les résidents de différentes ethnies avancent main dans la main, rapprochant les cœurs par la sincérité et aplanissant leurs différences par la tolérance. La vie, sans artifice, s'écoule avec sérénité et confort, c'est peut-être là la plus belle expression de l'unité ethnique.
(Rédactrice : Lucie ZHOU)