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【Cœurs fidèles durant la guerre de résistance】Les clochettes des chameaux résonnent sur l'ancienne route : le commerce au service de la patrie

2025-08-25 17:01

Au cours de l'été 1938, la guerre de résistance contre l'agression japonaise battait son plein. Lin Sen, alors président du gouvernement nationaliste, reçut à Chongqing une délégation particulière : la « Délégation populaire du Xikang pour soutenir les soldats au front ». Elle apporta avec elle plus de 400 objets rassemblés par la population locale, notamment des bijoux en or et en argent, théières tibétaines, des selles de cheval, destinés à soutenir l'effort de guerre. Au printemps suivant, sous la direction de la grande famille commerçante tibétaine Bangdachang, un convoi de plus de 2 000 mules et chevaux traversa les montagnes Que'er et Erlang, cheminant de Kangding vers Chongqing et les principales zones de guerre. Cette route qu'ils empruntèrent est celle de la célèbre ancienne route du thé et des chevaux. 

Historiquement, l'ancienne route du thé et des chevaux a connu de nombreuses périodes de déclin en raison de son terrain complexe et accidenté, au point d'être tombée dans l'oubli au fil du temps. Ce n'est qu'au cours de la guerre de résistance contre l'agression japonaise qu'elle a retrouvé sa place dans la conscience collective, portée par les caravanes transportant divers biens essentiels en période de guerre, devenant un corridor vital à l'arrière du front pour lutter ensemble contre l'agression étrangère. 

Cette voie commerciale est devenue une bouée de sauvetage, l'engagement patriotique résonne au son des cloches des chameaux. 

Avec l'escalade du conflit, le Japon a imposé un blocus stratégique sur l'arrière-pays chinois, toutes les routes commerciales côtières ont été coupées, la route sino-birmane était également fermée, et les capacités en transport international du sud-ouest étaient extrêmement limitées, l'approvisionnement en matériel est alors devenu très tendu. C'est dans ce contexte que des grandes familles de marchands tibétains, représentées par Bangdachang et Sanduochang qui contrôlaient les voies commerciales vitales du sud-ouest, prirent l'initiative de réorganiser leurs réseaux commerciaux, et ont converti une partie de l'ancienne route du thé et des chevaux qui partait de l'Inde et passait par le Xizang pour arriver à Kangding, en une voie stratégique pour soutenir la résistance. Il est estimé qu'à cette époque, jusqu'à 240 tonnes de marchandises pouvaient transiter chaque mois depuis l'Inde via cette route. Pendant toute la durée de la guerre de résistance, la seule maison de commerce Bangdachang a transporté par cette route du matériel de guerre d'une valeur estimée à 150 millions de dollars américains, transformant la voie commerciale en un pont plus que précieux entre le Xizang et le reste du pays, ainsi qu'un canal vital porteur d'une profonde ferveur patriotique et de la cause nationale. 

Plus encore, cette mobilisation commerciale donna naissance à une identité nationale transcendant les frontières régionales. En 1942, les caravanes transportant médicaments occidentaux, cuir, thé, tissus et autres biens circulaient sans relâche sur l'ancienne route du thé et des chevaux, des marchands et muletiers de toutes les ethnies s'investissaient activement dans la vague de soutien à l'effort de guerre, stimulant fortement l'économie de l'arrière-pays pendant le conflit. Ce mouvement est en grande partie dû à l'impulsion du clan Bangdachang et de patriotes tels que Kelsang Tsering, qui, conscients des enjeux, fondèrent la Société commerciale du Kham et du Xizang pour mobiliser les commerçants tibétains à soutenir la résistance coûte que coûte. À cette même période, inspiré par cet élan patriotique, un commerçant tibétain du nom de Tsering Samdrup (son nom chinois étant Ma Zhucai), habitué à commercer entre la Chine et l'Inde, organisa en 1941 le transport de matériel international de soutien à la Chine à partir de l'Inde, tout en sensibilisant la diaspora de la communauté chinoise de Kalimpong aux idéaux de la résistance, lançant des « campagnes de dons mensuels » pour la guerre de résistance contre le Japon. Quand le commerce se transforma en cause nationale, les marchands du pays des neiges incarnèrent par leurs actes concrets la profonde « unité de la nation chinoise ». 

La fumée des batailles s'est dissipée, mais sur l'ancienne route du thé et des chevaux, l'épopée des commerçants tibétains soutenant la guerre par le commerce résonne encore dans chaque pierre bleue, dans chaque effluve de thé. En ravivant cette période mouvementée, on aperçoit clairement qu'au moment le plus critique de l'histoire nationale, les commerçants tibétains, avec une lucidité remarquable et une ténacité inébranlable, ont uni leurs forces à celles de tous les Chinois, ensemble, sous la tempête, ils ont tissé à l'arrière du front une ligne vitale de ravitaillement. Ce fut non seulement une victoire de l'ingéniosité commerciale, mais aussi un éclat de lumière porté par un idéal : « une voie commerciale pour sauver le peuple », cela révèle profondément que lorsque la force du commerce entre en résonance avec un amour sincère de la patrie, elle peut devenir un rempart pour protéger la patrie, mais aussi, en cette ère de développement pacifique, bâtir une voie de prospérité commune et jeter un pont d'unité pour toutes les ethnies. Cet esprit, tel un fleuve souterrain s'écoulant le long de la vieille route, ne cesse jamais de couler, vibrant d'une force toujours renouvelée. 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)