Les années s'écoulent, l'automne livre ses récoltes et l'hiver exige de conserver. La parution du numéro 6 de l'année 2025 de l'édition en langue chinoise du magazine « China's Tibet » paraît comme prévu à la rencontre de ses lecteurs, ce numéro est un dossier spécial consacré aux reliques culturelles du Xizang. Il a bénéficié du soutien appuyé du Bureau des reliques culturelles de la Région autonome du Xizang et du Musée du Palais, il rassemble 13 articles et comporte plus de 90 photos ou images, retraçant, sous l'angle de l'archéologie et des reliques culturelles, l'histoire des échanges, des interactions et de l'intégration entre les différents groupes ethniques, et dépeignant l'épopée grandiose de l'essor de la civilisation du plateau Qinghai-Xizang et des intégrations ethniques.

Jarres à fond plat et à deux grandes anses. Photo fournie par le Bureau des reliques culturelles de la Région autonome du Xizang.
Cette pièce en poterie mise au jour dans les limites du comté de Baingoin illustre les liens culturels marqués entre cette région et le plateau de l'ouest du Sichuan, l'article Les vestiges culturels, témoins du renforcement du sentiment d'appartenance à la communauté de la nation chinoise, proposé par le Bureau des reliques culturelles de la Région autonome du Xizang, commence par présenter cette jarre en poterie à deux anses datant de la période des Printemps et Automnes, puis évoque des stèles des dynasties Tang et Song attestant des échanges culturels ; il aborde ensuite les sceaux officiels témoignant de l'exercice effectif de l'autorité des gouvernements centraux successifs sur le Xizang depuis les dynasties Yuan et Ming, jusqu'aux objets révolutionnaires illustrant la grande transformation du système social du Xizang... L'article relie ainsi ces trésors historiques disséminés sur la terre du Xizang en une trame historique claire et cohérente.

Miroir en bronze à manche, mis au jour dans les tombes à chambres funéraires en pierre de Qoigong, à Lhassa (début de l'âge du métal au Xizang), le revers du miroir est ciselé de motifs de yaks et d'oiseaux appariés. Photo fournie par Li Yongxian.
Dans son article Le fil historique attestant par l'archéologie du Xizang la structure « diversifiée dans l'unité » de la nation chinoise, Li Yongxian, professeur à l'Institut d'histoire et de culture de l'Université du Sichuan, présente les découvertes archéologiques de différentes périodes de l'histoire du Xizang, telles que celles provenant des sites de Karub à Chamdo, de Mabu Tso à Kangmar ou encore de Meilongdapu à Ngari, il en propose une synthèse à partir des découvertes liées à la civilisation agricole du Xizang et aux techniques et produits métallurgiques anciens, tout en identifiant, du point de vue de la génétique, les véritables origines des populations du plateau.

Peintures rupestres tardives du site de la grotte de Meilongdapu. Photo fournie par Tan Yunyao.
Tan Yunyao, membre de l'équipe archéologique féminine du plateau, offre aux lecteurs, à travers l'article Les pionniers du plateau enneigé dans les époques lointaines la partie émergée de l'iceberg de la longue histoire de l'évolution humaine sur le plateau, qui s'étend sur près d'un million d'années. En suivant une trajectoire chronologique, l'article esquisse les grandes lignes de la trajectoire de survie des anciens humains sur le plateau Qinghai-Xizang, rappelant qu'en archéologie, on pensait autrefois que l'expansion des premiers humains ne s'était déroulée vers le cœur du plateau du Xizang qu'il y a environ 10 000 ans, toutefois, les découvertes des sites de Meilongdapu et de Shanggagang ont repoussé cette chronologie jusqu'à environ 100 000 ans avant notre époque.

Document d'archives historiques (partiel) documentant le traitement par l'amban, le ministre impérial résidant au Xizang, d'une affaire impliquant l'étranger. Source d'image : site officiel de l'Université de Bonn. Photo fournie par He Xiaodong.
Dans Une archive historique sur le traitement d'une affaire étrangère par l'amban au Xizang, He Xiaodong, chercheur au Musée du Tibet, relate un incident historique survenu sous la dynastie Qing, au cours duquel le résident impérial au Xizang géra une affaire impliquant les autorités locales tibétaines et le pays de Drukpa (l'actuel Bhoutan), le déroulement de l'affaire fut riche en rebondissements, et l'enquête ainsi que les décisions prises par le gouvernement central des Qing connurent multiples revirements. Grâce à l'analyse minutieuse de l'auteur, la vérité émerge peu à peu entre les lignes de ces archives énigmatiques.

Statuette de la Déesse Usnisa Vijaya en bronze, provenant du Xizang, collée à l'aide d'un adhésif à base de plantes dans une pagode en bronze utilisée par la cour impériale des Qing, et trois détails de l'ensemble. Photo fournie par Luo Wenhua.
Dans l'article Les échanges de techniques artisanales entre la cour impériale Qing et les régions tibétaines, Luo Wenhua, chercheur au Musée du Palais, explique comment, à l'époque Qing, des artisans tibétains intégrèrent l'atelier impérial du Département des affaires de la Maison impériale et y introduisirent des techniques artisanales autochtones, telles que des recettes d'adhésifs utilisés pour la décoration des statues ou des instruments rituels, des formules de coulée des cloches, celles de l'alliage « or pourpre lengma », ou encore des procédés de dorure et de coloration en vermillon des statues en cuivre, ces techniques tibétaines indigènes furent ensuite améliorées et transformées par la cour, avant d'être réintroduites au Xizang, donnant naissance à une remarquable histoire d'échanges artisanaux entre la cour impériale Qing et les régions tibétaines.

Statue de Yamantaka en bronze doré, sur lotus à huit pétales, portant l'inscription « Offert durant l'ère Yongle de la dynastie Ming », conservée au palais du Potala. Photo fournie par l'Administration du palais du Potala.
Dans Les échanges artistiques entre les Han et les Tibétains à travers les collections de statues des ères Yongle et Xuande de la dynastie Ming conservées au palais du Potala, Palden Tsering, chercheur associé au Bureau de recherche sur les reliques culturelles de l'Administration du palais du Potala, présente aux lecteurs un panorama des 273 statues bouddhiques datant des règnes Yongle et Xuande de la dynastie Ming, conservées dans le pavillon Jiana Lhakhang du Potala, il en expose le contexte historique, les voies par lesquelles ces statues produites en territoire Han sont parvenues au Xizang, ainsi que les œuvres représentatives de cet ensemble, les nombreuses images de statues bouddhiques d'une grande finesse offrent aux lecteurs un véritable régal pour les yeux. (Texte rédigé par la rédaction de l'édition chinoise du magazine « China's Tibet »)
(Rédactrice : Lucie ZHOU)