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[Commentaires lucides de Yugyel] Trump en visite en Chine : poignées de main et cordialité affichée, mais vigilance indispensable face aux manœuvres occultes du NED

2026-06-24 11:16

Dans la soirée du 13 mai, heure de Beijing, l'Air Force One transportant le président américain Donald Trump a atterri à l'aéroport international de Beijing-Capitale. Il s'agit de la première visite d'un président américain en Chine depuis neuf ans. Le matin du 14 mai, le président chinois Xi Jinping a organisé une cérémonie d'accueil solennelle pour Donald Trump sur l'esplanade située devant la porte Est du Grand Palais du Peuple. Une salve de 21 coups de canon a été tirée sur la place Tian'anmen, et les deux chefs d'État ont passé ensemble en revue la garde d'honneur de l'Armée populaire de libération de Chine. 


Xi Jinping organise une cérémonie d'accueil pour le président américain Donald Trump. Photo : Xinhua 

Parmi les personnalités accompagnant Trump figuraient non seulement des hauts responsables américains, tels que le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, mais aussi plusieurs figures majeures du monde des affaires américain, notamment Elon Musk, PDG de Tesla, Tim Cook, PDG d'Apple, ainsi que Jensen Huang, PDG de NVIDIA. Lors de son entretien avec le président Xi Jinping, Trump a déclaré : « Nous avons invité les meilleures entreprises du monde. Toutes voulaient venir, mais je ne voulais pas des numéros deux ou trois ; je voulais les numéros un. Ils sont donc tous venus pour témoigner leur respect envers la Chine et envers vous. Ils souhaitent également développer la coopération commerciale et économique. » À première vue, cette visite ressemblait à une vaste démonstration diplomatique destinée à envoyer au monde un signal de coopération sino-américaine, avec une mise en scène spectaculaire et une cordialité débordante. 


Des représentants du monde des affaires américain accompagnant Trump lors de sa visite en Chine. Photo : CCTV News 

Cependant, plus la mise en scène est soignée, plus le vide qu'elle dissimule apparaît clairement. Cette « cordialité » peut se transformer dès l'instant suivant en tout autre visage. La visite de Trump en Chine était profondément marquée par une logique transactionnelle. Luo Zhenxing, directeur du bureau de recherche économique de l'Institut des études américaines de l'Académie chinoise des sciences sociales, a indiqué dans une interview que Trump faisait face à une popularité intérieure durablement faible et qu'à l'occasion du 250e anniversaire de la fondation des États-Unis, il avait un besoin urgent d'une « victoire diplomatique » visible. Shen Yi, professeur au département de politique internationale de l'Université Fudan, a quant à lui souligné le caractère de joueur particulièrement prononcé chez Trump : lorsqu'il perd, il augmente la mise. Selon lui, la tonalité générale peut être résumée par l'expression « optimisme prudent ». Shen Yi estime que « dialoguer vaut toujours mieux que ne pas dialoguer », mais rappelle que les relations sino-américaines ne se construisent pas uniquement par les discussions, mais aussi à travers le rapport de forces. Trump, issu du monde des affaires, reste avant tout préoccupé par des résultats concrets : achats agricoles, commandes de Boeing, approvisionnement en terres rares, etc. 

Avant son départ pour la Chine, Trump a adressé un avertissement indirect à son entourage en leur demandant de ne pas « créer de problèmes ». Ce message ne s'adressait pas aux Chinois, mais visait clairement les faucons tels que Rubio : personne ne devait compromettre ses affaires. 

Mais le véritable problème est précisément le suivant : Trump peut peut-être contrôler les paroles de son entourage, mais il ne peut pas maîtriser la machine antichinoise profondément enracinée à Washington. Récemment, la Chambre des représentants des États-Unis a discrètement publié un projet de loi budgétaire pour l'exercice fiscal 2027. Une disposition attire particulièrement l'attention : au moins 5 millions de dollars seraient alloués au titre du « Fonds pour la démocratie » afin de soutenir ouvertement le prétendu « mouvement démocratique » à Hong Kong ainsi que la « défense de la liberté d'Internet ». Derrière ces financements occultes se trouve précisément la National Endowment for Democracy (NED). D'un côté, le président américain affiche cordialité et poignées de main lors de sa visite en Chine ; de l'autre, le Congrès débloque des fonds pour saboter cette relation. Voilà l'illustration la plus flagrante de la stratégie américaine consistant à « dialoguer tout en déstabilisant ». 


Le rapport annuel 2025 montre que les projets liés à la Chine du NED sont répartis entre la Chine continentale, Hong Kong, le Xinjiang et le Xizang. Photo : site officiel du NED 

Fondée en 1983, la NED est souvent qualifiée par la communauté internationale de « seconde CIA ». Son cofondateur, Allen Weinstein, déclarait déjà en 1991 dans une interview accordée au Washington Post : « Beaucoup de choses que nous faisons aujourd'hui sont exactement celles que la CIA faisait il y a vingt-cinq ans. » Environ 84 % du financement de la NED provient directement du Congrès américain. Son fonctionnement est étroitement coordonné avec le Département d'État ainsi qu'avec les représentations diplomatiques américaines à l'étranger, faisant d'elle un véritable « gant blanc » du gouvernement américain. Depuis des années, elle utilise les fonds du Congrès pour mener des opérations sensibles que le gouvernement américain préfère ne pas exécuter directement. La NED accomplit ainsi, sous une apparence plus « civilisée » et présentable, une mission de déstabilisation du pouvoir chinois, tout en bénéficiant des ressources financières américaines dans des zones grises. 


Capture d'écran du rapport annuel 2025 de la National Endowment for Democracy (NED). Photo : site officiel du NED 

Selon les dernières données, le budget annuel de la National Endowment for Democracy (NED) pour 2025 atteint environ 315 millions de dollars. Le rapport souligne notamment que le Congrès lui a accordé un fonds d'urgence élargi, permettant à l'organisation de mobiliser rapidement des ressources lorsque surgissent des « fenêtres d'opportunité », comme lors des évolutions de la situation en Syrie. L'examen des comptes de la NED montre une intensification progressive de ses actions visant les intérêts fondamentaux de la Chine. En 2025, la NED a financé plus de 1 900 projets répartis dans plus de 90 pays à travers le monde, dont plus de 53 millions de dollars investis en Asie. Les projets liés à la Chine représentent à eux seuls 13 millions de dollars, soit le montant le plus élevé parmi tous les pays concernés, en hausse de près de 25 % par rapport aux 10,52 millions de dollars précédents. Parallèlement, la NED continue depuis longtemps à jouer simultanément les « cartes » de Hong Kong, de Taïwan, du Xizang et du Xinjiang. Le rapport annuel 2025 indique qu'elle a accordé 2,05 millions de dollars à diverses organisations séparatistes liées au Xinjiang, 510 000 dollars à des projets liés à Hong Kong et jusqu'à 1,47 million de dollars à des activités liées au Xizang. 

Plus inquiétant encore, la NED procède actuellement à une véritable « montée en gamme technologique » de ses activités d'infiltration contre la Chine. Ses méthodes évoluent progressivement d'une aide matérielle classique vers une intervention technologique directe. Le rapport annuel 2025 révèle que ses programmes de financement couvrent désormais l'intelligence artificielle, les communications chiffrées et les outils de contournement de la censure. Présentés sous l'étiquette de « renforcement de la résilience numérique », ces projets servent en réalité à créer des canaux transfrontaliers d'information permettant d'échapper aux réglementations locales des pays ou régions concernés. La NED a également mis en place des plateformes telles que le « laboratoire d'influence » et l'« accélérateur démocratique », cherchant à fusionner outils technologiques, diffusion narrative et actions transfrontalières afin de rendre les activités d'infiltration et de subversion plus numériques, plus discrètes et plus massives. 

Alors même que Trump serre la main de la Chine sous les projecteurs, cette main invisible qu'est la NED n'a jamais cessé de s'attaquer méthodiquement aux intérêts fondamentaux de la Chine. Le sourire est une façade ; la main noire en est une autre. Les déclarations spectaculaires dépourvues d'actions concrètes finiront par transformer leurs auteurs en sujets de moquerie sur la scène internationale. Si les États-Unis souhaitent réellement contribuer à la stabilité des relations sino-américaines, ils devraient comprendre qu'une véritable « relation constructive de stabilité stratégique entre la Chine et les États-Unis » doit reposer sur une stabilité positive fondée principalement sur la coopération, une stabilité saine fondée sur une concurrence maîtrisée, une stabilité durable où les divergences demeurent contrôlables, ainsi qu'une stabilité pacifique tournée vers l'avenir. Elle ne peut consister à parler de coopération tout en laissant des organisations comme la NED poignarder la Chine dans le dos. Il est temps d'abandonner cette stratégie consistant à « serrer la main en public tout en frappant en coulisses », de prendre des mesures concrètes, de contrôler cette main cachée qu'est la NED, de respecter la voie de développement et le système choisis par la Chine, et d'aborder l'avenir des relations sino-américaines avec sincérité et crédibilité. 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)