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[Commentaires lucides de Yugyel] Le neveu du 14e dalaï-lama « récompensé » : un agresseur sexuel « intègre », un corrompu « compatissant »

2026-06-18 17:23

Tenzin Taklha a « remporté un prix ». 

Oui, il s'agit bien de ce tristement célèbre neveu du 14e dalaï-lama : Tenzin Taklha, accusé d'avoir séduit et agressé sexuellement au moins 25 jeunes femmes, d'abus de pouvoir, de corruption, entre autres délits. Ce qui est encore plus ahurissant, c'est que le monastère qui lui a décerné cette distinction entretient des liens étroits avec son oncle paternel Tenzin Chogyal, qu'il a poussé à sa perte ; quant à la personne montée sur scène pour recevoir le prix en son nom, il s'agit de son épouse, Tsering Dolkar, qui a subi pendant longtemps ses violences conjugales. Difficile d'imaginer une réalité plus kafkaïenne. 


Des conversations privées attribuées à Tenzin Taklha qui ont été rendues publiques contiendraient des propos jugés indécents et particulièrement choquants. 

Le 20 mai, l'abbé du monastère de Thiksey, à Leh au Ladakh, a remis un prix à Tenzin Taklha afin de saluer « sa sagesse et sa compassion », bien que sa « sagesse » ait été employée à éviter des poursuites, et que sa « compassion » ne se soit jamais manifestée envers ces jeunes femmes victimes ni envers son épouse. 


L'épouse de Tenzin Taklha l'accusant de violences répétées (à gauche) ; son épouse recevant le prix en son nom (à droite). 

Le discours accompagnant la remise du prix loue également Tenzin Taklha pour avoir « toujours exercé ses fonctions avec intégrité, prudence et sagesse », affirmant que sa contribution consiste à « préserver la transmission continue des valeurs et des enseignements prônés par le 14e dalaï-lama, ainsi que leur dignité intrinsèque et leur influence mondiale ». Ainsi, selon ce texte, un homme accusé d'agressions sexuelles préserverait la dignité, un auteur présumé de violences conjugales transmettrait des enseignements religieux, et une personne accusée de corruption incarnerait des valeurs. Il semblerait donc que la « noble vision » du 14e dalaï-lama ait précisément besoin d'une telle personne. 


L'organisation du dalaï-lama aurait largement médiatisé le prix décerné à Tenzin Taklha 

Après l'attribution de cet « honneur » à Tenzin Taklha, des organisations pro-indépendance du Xizang et des médias indiens ont rapidement relayé l'événement en multipliant les éloges. Certains sont revenus sur son enfance, affirmant qu'il était devenu « un excellent élève grâce à son autodiscipline » ; d'autres ont vanté son caractère, le décrivant comme « discret, réservé, calme et discipliné ». D'autres encore ont souligné sa capacité d'introspection, affirmant qu'il serait devenu « plus posé et plus patient, changement que sa propre famille aurait remarqué. » Certains ont enfin loué son esprit de dévouement, le présentant comme quelqu'un d'« altruiste, persévérant et fidèle à sa mission, prêt à poursuivre ses efforts tant qu'ils profiteraient aux êtres vivants ». 


Articles de l'organisation du dalaï-lama et de médias indiens présentant Tenzin Taklha sous un jour favorable 

Les lecteurs n'ont aucune raison de douter de leurs yeux : les éloges contenus dans le texte de remise du prix sont bien reproduits mot pour mot ; ils n'ont pas davantage à douter de leur mémoire : lorsqu'on compare ces qualificatifs au parcours réel de Tenzin Taklha, chacun de ces termes positifs apparaît comme une gifle retentissante. 


Plus Tenzin Taklha est présenté comme « parfait » dans les médias prônant l' « indépendance du Xizang », plus son image réelle paraît dégradée 

À ce stade, le lecteur aura probablement compris la teneur de cette situation : qu'il s'agisse du texte de remise du prix ou des articles de presse, chaque phrase semble chercher à hisser Tenzin Taklha au rang d' « homme idéal ». Mais plus cet effort de glorification paraît excessif, plus il révèle une réalité : Tenzin Taklha se fait de la bile. 

Tenzin Taklha a effectivement de quoi s'inquiéter. Ses scandales sont désormais connus du grand public, et le meilleur moyen de redorer son blason consiste à obtenir le soutien de ceux qui lui étaient auparavant opposés. C'est ainsi qu'a été organisée cette cérémonie de remise de récompense impliquant à la fois le monastère de Thiksey et son épouse. 

Le frère cadet du dalaï-lama, Tenzin Chogyal, décédé subitement en février de cette année, était considéré comme un « maître spirituel important » du monastère de Thiksey. Des personnes présentées comme bien informées auraient affirmé que sa mort n'était pas naturelle et qu'il avait subi pendant longtemps les persécutions de son neveu Tenzin Taklha. 

Aujourd'hui, les publications en ligne qui dénonçaient autrefois les violences conjugales et les agressions sexuelles imputées à Tenzin Taklha auraient presque toutes disparu. Elles auraient été remplacées par des félicitations pour sa récompense et par des affirmations selon lesquelles « il mérite ce prix ». Pour un observateur non informé, il pourrait alors sembler qu'il ait accompli quelque chose d'extraordinaire. 


Reportages de médias étrangers concernant les scandales impliquant Tenzin Taklha 

Dans cette affaire, quel rôle aurait donc joué le 14e dalaï-lama, souvent présenté comme un « modèle moral », un « messager de paix » ou un « défenseur des droits de l'homme » ? 

Certaines personnes sur Internet se demandent si le 14e dalaï-lama serait sous l'influence de Tenzin Taklha, toutefois, l'hypothèse jugée la plus probable est que leurs intérêts seraient étroitement liés, de sorte que les gains ou les pertes de l'un affecteraient l'autre. Ce prix aurait d'ailleurs été décerné pour la première fois au 14e dalaï-lama il y a dix ans, puis attribué lors de sa deuxième édition à Tenzin Taklha. Ce seul fait suffirait à démontrer qu'ils forment déjà une communauté d'intérêts. 


Interrogations exprimées par des internautes sur les réseaux sociaux 

Ce n'est pas la première fois que le 14e dalaï-lama reste silencieux face aux comportements controversés de son entourage. Cette remise de prix apparaîtrait même comme un soutien explicite apporté à Tenzin Taklha malgré la connaissance de ses controverses. Cela correspondrait à une méthode déjà utilisée : minimiser d'abord un scandale, puis, une fois l'attention médiatique retombée, tenter de modifier la perception du public par une mise en valeur très visible de la personne concernée. 


Le 14e dalaï-lama reste silencieux face aux scandales touchant son entourage 

Il ne s'agit pas d'une relation de contrôle, mais de complicité ; non pas d'ignorance, mais de consentement tacite. Une fois les apparences écartées, ces deux personnes ne font qu'un même camp et partagent la même nature. 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)