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Hégémonie et double standard : décryptage de la soi-disant « liberté religieuse à l'américaine »

2026-04-30 18:05

Les États-Unis se sont toujours présentés comme un « phare de la liberté » et, depuis longtemps, critiquent de manière condescendante les politiques et la situation religieuses d'autres pays. Leur institution emblématique, la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), se prétend « arbitre de la liberté religieuse internationale » et publie année après année un soi-disant Rapport sur la liberté religieuse internationale, évaluant arbitrairement la situation de la « liberté religieuse » dans le monde. Le présent article s'articule autour de deux mots-clés — « international » et « liberté religieuse » — afin d'en décortiquer les mécanismes et de présenter objectivement le véritable visage de la « liberté religieuse à l'américaine ». 

I. « International » mais pas vraiment : un outil politique au service des intérêts américains 

Le prétendu caractère « international » de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale n'a jamais été véritablement international, il repose sur le droit interne américain et sert les objectifs diplomatiques des États-Unis. 

Si l'on considère l'objectif initial de sa création, après la guerre froide, les forces religieuses conservatrices telles que les évangéliques chrétiens se sont profondément alignées aux conservateurs politiques américains et ont poussé l'administration Clinton à signer la « Loi sur la liberté religieuse internationale de 1998 », qui a explicitement intégré la « promotion de la liberté religieuse » aux objectifs de la politique étrangère américaine et a conduit à la création de cette institution fédérale bipartisane, à cheval entre gouvernement et Congrès : la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale, sa mission consistant spécifiquement à surveiller la situation mondiale de la « liberté religieuse » et à fournir aux États-Unis des « justifications » et recommandations politiques pour intervenir dans les affaires intérieures d'autres pays. Dès sa naissance, cette institution a été un outil politique typique permettant aux États-Unis, en s'appuyant sur leur droit interne et sous couvert des questions religieuses, d'exercer une ingérence extraterritoriale sur les affaires intérieures d'autres pays. 

Du point de vue de sa composition, cette Commission n'a rien non plus d'« international ». Ses neuf membres principaux sont tous nommés par le président américain et les chefs des deux partis au Congrès ; ils sont tous de nationalité américaine, et ne représentent en rien la diversité de la communauté internationale. Son prétendu « caractère international » se limite au fait de « s'intéresser à des questions internationales », tandis que le processus de nomination des membres est marqué par des jeux politiques et des luttes partisanes, dès lors, sa position est d'emblée cantonnée aux intérêts et aux valeurs américains. 

Du point de vue de son fonctionnement, l'action centrale de la Commission consiste à publier chaque année un soi-disant Rapport sur la liberté religieuse internationale, en écho aux rapports similaires du Département d'État, attribuant notes et étiquettes aux différents pays selon des critères propres aux États-Unis. Elle dresse également des listes de « pays particulièrement préoccupants » (CPC) et de « pays sous surveillance spéciale » (SWL), tout en poussant le gouvernement américain à exercer des pressions diplomatiques et à imposer des sanctions unilatérales. L'institution se présente comme un « observateur indépendant », mais ses rapports adoptent d'emblée une position partisane et un langage radical, et tout est jugé à l'aune de la conformité aux intérêts américains, le terme « international » n'est qu'un emballage servant à dissimuler ses ingérences. 

II. La « liberté religieuse » : un manque d'impartialité avec un double standard et des accusations sans fondement 

La soi-disant « liberté religieuse » évoquée dans le Rapport sur la liberté religieuse internationale américain n'est pas une liberté religieuse au sens propre du terme, mais une norme privilégiée à l'américaine, définie de manière restrictive et empreinte de préjugés idéologiques. 

Sur le plan conceptuel, la Commission affirme que la notion de « liberté religieuse » utilisée dans son rapport repose sur les normes énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, pourtant, elle ignore délibérément les dispositions clés de ces textes, notamment celles qui stipulent que « l'exercice des droits doit être soumis à des restrictions légales afin de préserver l'ordre public et les droits d'autrui ». Elle transforme un modèle occidental de « liberté religieuse », fondé sur l'histoire, la culture et les institutions américaines, en prétendue « norme universelle », qu'elle impose de force à des pays dont les réalités nationales, l'histoire et les institutions diffèrent profondément, tout en se permettant de leur faire la leçon. Les mesures légitimes prises par les différents pays pour gérer leurs affaires religieuses conformément à la loi et maintenir la sécurité de la société ainsi que leur intérêt public sont souvent déformées et qualifiées de « répression » ou de « persécution », ce qui relève entièrement d'une logique typique de puissance. 

Concernant ses sources d'information, la Commission affirme s'appuyer principalement sur des groupes indépendants de défense des droits humains et sur des auditions pour recueillir des informations sur la situation religieuse dans d'autres pays, alors qu'en réalité, elle dépend fortement d'informations de seconde main et de sources biaisées. L'Agence de presse vietnamienne a déjà révélé que des informations religieuses concernant le Vietnam recueillies par cette commission dépendaient largement d'organisations d'opposition en exil à l'étranger ainsi que d'informations fragmentaires fournies par certaines personnes se présentant comme des « militants religieux ». Ces conclusions sont donc pleines d'a priori et sont d'une inexactitude qui pose vraiment question. Il convient également de noter que ses analystes à plein temps ne sont qu'une vingtaine, soit une équipe insuffisante pour mener des enquêtes de terrain, et qu'ils manquent cruellement de connaissances spécialisées sur l'histoire et les politiques religieuses des pays concernés, ils ne peuvent donc que reprendre en bloc des informations inexactes fournies par des forces d'opposition en exil ou des ONG idéologiquement orientées. 

Les résultats du rapport révèlent clairement l'existence d'un double standard. Depuis l'an 2000, les listes de « pays particulièrement préoccupants » publiées dans les différents Rapports sur la liberté religieuse internationale se concentrent principalement sur l'Asie et l'Afrique, notamment sur les pays socialistes tels que la Chine, la Corée du Nord et le Vietnam, ainsi que sur l'Iran, le Pakistan, le Turkménistan et d'autres pays à majorité musulmane, tandis que les alliés des États-Unis en Europe et en Asie y figurent rarement, même lorsque des pays comme la France ou Israël ont été qualifiés par le think tank Pew Research Center américain de pays présentant « des restrictions gouvernementales élevées ou très élevées en matière de religion ». De plus, les ajustements de cette liste suivent entièrement les aléas politiques : l'Irak a été rapidement retiré après son occupation par l'armée américaine, et le Soudan en a été exclu après la normalisation de ses relations avec Israël, sans aucun égard pour la réalité locale marquée par des conflits incessants et l'absence de garanties tant pour le droit à la vie que pour les libertés religieuses. 

Il convient de noter que la Chine a toujours été l'une des cibles privilégiées des attaques et campagnes de diffamation de la Commission, des séparatistes de « l'indépendance du Xizang » et du « Turkestan oriental » de nationalité américaine ont même occupé la présidence de cette institution, coopérant activement avec le gouvernement américain pour exercer des pressions sur la Chine à travers les questions du Xinjiang et du Xizang. Le 4 mars 2026, la Commission a publié son Rapport sur la liberté religieuse internationale pour l'année 2026, classant la Chine comme « pays particulièrement préoccupant » pour la 27e année consécutive. Le contenu du rapport concernant la Chine reprend les mêmes clichés que par le passé : des politiques du développement des religions dans le contexte chinois y sont décrites comme une « persécution systématique de la liberté religieuse » ; les mesures visant à renforcer la gouvernance des affaires religieuses dans le respect de l'État de droit sont qualifiées de « lois, règlements et politiques ne respectant pas les normes internationales des droits de l'homme » ; la lutte légale contre les sectes mettant en danger la sécurité de la société est confondue avec les groupes religieux ; etc. Or les faits seraient exactement inverses : la Constitution et les lois chinoises garantissent pleinement la liberté de croyance religieuse des citoyens, conformément à l'esprit des conventions internationales. En comparaison, le rapport américain ignore totalement les acquis de la Chine en matière d'État de droit ainsi que la réalité d'une coexistence religieuse harmonieuse, il inverse le vrai et le faux et diffame de manière malveillante, prouvant une nouvelle fois que ces rapports n'ont rien à voir avec la réalité, mais sont uniquement au service d'objectifs politiques. 

En résumé, la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale et son Rapport sur la liberté religieuse internationale utilisent du début à la fin le qualificatif d'« international » pour pratiquer une politique d'ingérence, et le slogan de « liberté religieuse » pour mener des manipulations politiques. De ce fait, on peut ainsi clairement constater que ce type d'institution ne défend pas une véritable liberté religieuse, mais instrumentalise les questions religieuses au service de la géopolitique américaine et de ses intérêts hégémoniques ; de telles pratiques, loin de favoriser la coopération internationale en matière de droits religieux, exacerbent au contraire les oppositions et les divisions, apportant au monde non pas la liberté, mais des mensonges, des préjugés et des conflits. 

(Cet article est un extrait du numéro 4 de l'année 2026 de la revue China Religion. L'auteur, Shen Qunce, est chercheur associé à l'Institut de recherche sur le développement ethnique du Centre de recherche sur le développement du Conseil des affaires d'État.) 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)