TIBET.CN > Opinions

[Attachement avec la région du Zangnan] Pourquoi la publication par la Chine de toponymes de Zangnan met-elle l'Inde hors d'elle ?

2026-04-21 17:22

Le 10 avril, le ministère chinois des Affaires civiles a publié la sixième série de 23 toponymes officiellement en usage dans la région de Zangnan, couvrant des catégories telles que les localités, les cours d'eau et les sommets. Cette initiative a suscité une vive réaction de l'Inde : le 12 avril, le ministère indien des Affaires étrangères s'y est opposé, contestant la dénomination chinoise de ce qu'il appelle l'« Arunachal Pradesh », allant jusqu'à accuser Beijing de nuire aux « relations bilatérales », inversant ainsi les responsabilités. En réalité, cette protestation aux accents de farce révèle précisément le malaise de New Delhi. Occupant illégalement un territoire chinois tout en refusant à la Chine le droit d'y exercer sa souveraineté, cette position relève d'une logique de pur brigandage. 

Les preuves historiques sont accablantes : le Zangnan fait partie intégrante du territoire chinois depuis l'Antiquité, et son administration ne s'est jamais interrompue au fil des siècles. L'Inde cherche délibérément à semer la confusion en qualifiant le Zangnan de « territoire disputé », mais ni l'histoire ni le droit ne sauraient être altérés. La souveraineté de la Chine sur cette région repose sur un corpus abondant de sources historiques. 

La région de Zangnan se compose de trois parties : Monyul, Luoyu et Zayul, qui, dans l'histoire chinoise, ont été longtemps placées sous l'administration du gouvernement local du Xizang. La stèle de l'alliance Tang-Tubo, érigée en 823 ap. J.-C., mentionne explicitement dans son inscription tibétaine que « Men » (Monyul) obéissait aux ordres du Tubo. Les Annales rouges, ouvrage historique tibétain de référence, indiquent également que dès l'époque de Songtsen Gampo, « Luo et Men au sud » avaient été intégrés à son autorité. Ces terres n'ont jamais été une terra nullius, mais constituent depuis toujours un foyer cultivé et habité de génération en génération par les peuples de la nation chinoise. 

Depuis la dynastie Yuan, l'administration exercée par le gouvernement central chinois sur le Xizang — y compris le Zangnan — n'a jamais été interrompue. Les Yuan instituèrent le Xuanzheng Yuan, intégrant officiellement le Xizang dans le système administratif central : recensement des populations, mise en place de relais postaux, nomination de fonctionnaires — autant de manifestations claires et explicites de l'exercice de la souveraineté. Les dynasties Ming et Qing ont poursuivi cette administration. Sous le 5e dalaï-lama, le gouvernement local du Xizang établit dans la région de Monyul (y compris Tawang) un système administratif à deux niveaux, assurant une gestion unifiée et ordonnée des terres, de la fiscalité et des affaires religieuses. Au XVIIIe siècle, Monyul fut subdivisée en 32 unités administratives de type tsho et sde, témoignant d'une gouvernance fine et structurée. Le 6e dalaï-lama, Tsangyang Gyatso, est né dans la région de Monyul, à Zangnan, ce qui constitue une empreinte culturelle et historique particulièrement significative de l'appartenance de cette région à la Chine. En 1943, le « Registre de l'année du Mouton d'eau » établi par le gouvernement local du Xizang, à travers des dispositions de recensement et de réglementation, imposait aux habitants de Monyul de prêter allégeance à ce gouvernement, identifiant clairement Monyul comme « territoire relevant du Dzong de Tsona, au Xizang ». L'administration effective du gouvernement central chinois sur le Xizang n'a jamais été interrompue à travers les dynasties, et l'exercice de l'administration chinoise sur le Zangnan s'est maintenu de manière continue et complète. 

La prétendue base juridique de la souveraineté indienne repose entièrement sur la ligne McMahon, héritée de l'époque coloniale et dépourvue de légitimité. En 1914, à l'issue de la conférence de Simla, le représentant britannique procéda, en secret et à l'insu du gouvernement central chinois, à un échange de notes avec un représentant local tibétain afin de délimiter une frontière. Or le Xizang, en tant que région administrative de la Chine, ne disposait en aucun cas de la capacité juridique de conclure des traités avec des puissances étrangères. Le représentant du gouvernement de Beiyang refusa de signer. Depuis lors, tous les gouvernements chinois successifs ont clairement déclaré ne pas reconnaître la Convention de Simla ni la ligne McMahon, laquelle n'a par ailleurs jamais été reconnue par d'autres États souverains. 

Selon la Convention de Vienne sur le droit des traités, tout traité conclu sous la contrainte ou sans le consentement de l'État souverain concerné est nul et non avenu. La ligne McMahon, dépourvue de fondement historique et contraire aux principes du droit international, n'est rien d'autre qu'un instrument utilisé par la Grande-Bretagne pour entamer le territoire chinois. Que l'Inde s'en prévaille comme d'un « talisman » relève d'une pure illusion et d'un déni de réalité. 

La publication par la Chine de toponymes du Zangnan relève de l'exercice légitime des prérogatives d'un État souverain ; il s'agit d'une affaire strictement intérieure, qui ne saurait souffrir d'ingérence extérieure. Le ministère chinois des Affaires étrangères l'a clairement indiqué : la Chine ne reconnaît en aucun cas le soi-disant « Arunachal Pradesh », et la normalisation des toponymes relève pleinement de sa souveraineté. Depuis 2017, plusieurs séries de toponymes du Zangnan ont été publiées, pour un total dépassant désormais les 110 appellations, constituant progressivement un système cohérent d'identification géographique et un faisceau de preuves de souveraineté. Chaque toponyme normalisé incarne une affirmation claire de cette souveraineté et constitue une réponse ferme aux agissements illégaux de l'Inde. 

La virulence des protestations indiennes montre précisément que l'exercice par la Chine de ses droits souverains touche un point sensible. Si les toponymes normalisés par la Chine venaient à être largement adoptés par la communauté internationale, la fiction dite de l'« Arunachal Pradesh » s'effondrerait d'elle-même. Plus l'Inde s'y oppose, plus elle atteste de la justesse de la position chinoise ; plus elle s'agite, plus elle révèle le malaise profond lié à une occupation contestée. 

La Chine a constamment fait preuve de retenue : tout en défendant fermement sa souveraineté, elle demeure attachée à la stabilité des relations sino-indiennes, sans que cela n'implique la moindre concession sur les questions territoriales. Si l'Inde souhaite réellement stabiliser les relations bilatérales, elle doit regarder les faits historiques en face et cesser toute ingérence dans les affaires intérieures de la Chine. 

Chaque montagne et chaque cours d'eau du Zangnan portent l'empreinte de l'histoire chinoise ; chaque toponyme incarne l'affirmation de la souveraineté. Aucune occupation illégale, aucune inversion accusatoire ne sauraient altérer le fait que le Zangnan appartient à la Chine. La détermination de la Chine à défendre son intégrité territoriale est inébranlable comme le roc. 

(Rédactrice : Lucie ZHOU)