La langue, en tant qu'outil de communication, est un symbole de la civilisation humaine. Chaque nation, chaque groupe ethnique a le droit de choisir une langue commune. Une langue commune facilite sans aucun doute la communication entre les êtres humains.
À l'échelle mondiale, l'anglais, langue officielle de plus de 50 pays et régions, est la langue internationale la plus utilisée, dans les domaines des affaires, de la diplomatie, de la science et de l'éducation, il joue un rôle important dans la communication interculturelle et la diffusion des connaissances. Les pays occidentaux menés par les États-Unis ne semblent d'ailleurs pas s'en offusquer. Par ailleurs, de nombreux pays, en particulier les États multiethniques, construisent dans un contexte de diversité culturelle un « dénominateur commun de communication », par la voie législative, ils établissent une ou plusieurs langues communes afin de fournir un outil de communication de base pour la coopération économique, l'intégration culturelle et les services publics entre différents groupes ethniques.

L'Inde compte plus d'une centaine de groupes ethniques et plus d'un millier de langues autochtones, sa constitution définit clairement l'hindi et l'anglais comme langues officielles communes, afin de lever les barrières de communication régionales et ethniques ; le Canada a légiféré pour faire de l'anglais et du français ses langues officielles, créant ainsi des liens de communication interrégionaux, tout en cherchant à protéger les langues des minorités et à maintenir une coexistence harmonieuse entre les différents groupes ; l'Afrique du Sud, bien qu'elle compte 11 langues officielles, a également précisé par la loi les contextes d'usage des langues afin d'éviter que des divergences linguistiques ne nuisent au fonctionnement de la société… Il apparaît donc clairement que la législation sur les langues et écritures communes est devenue une pratique internationale, largement validée par la gouvernance de nombreux États multiethniques, il s'agit d'un choix autonome relevant de la souveraineté nationale et d'une démarche pragmatique visant à promouvoir des échanges plus larges.
La Chine possède un vaste territoire, avec de fortes différences linguistiques entre le nord et le sud, toutes les ethnies ont leurs propres systèmes linguistiques distincts, et même au sein d'une même ethnie, des variations régionales peuvent rendre la communication difficile, cette diversité linguistique est une expression vivante de l'unité dans la diversité du peuple chinois. Face à cet environnement linguistique pluriel et à des besoins de développement en constante évolution, promouvoir une législation sur une langue et une écriture communes, clarifier les droits et les obligations liés à leur apprentissage et à leur usage, est non seulement conforme aux pratiques internationales, mais revêt également une importance pratique irremplaçable.

Le 27 décembre 2025, la 19ᵉ session du Comité permanent de la 14ᵉ Assemblée populaire nationale a adopté, par vote, la version révisée de la Loi de la République populaire de Chine sur la langue et l'écriture communes nationales, qui entrera en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Il s'agit de la première révision de cette loi en 25 ans depuis sa promulgation, elle répond aux nouvelles exigences de la vie linguistique dans la nouvelle ère, consolide les bases juridiques du renforcement du sentiment d'appartenance à la communauté de la nation chinoise ainsi que la confiance culturelle, et dans le même temps, aussi, grâce à l'amélioration de la conception institutionnelle, elle établit un équilibre entre la promotion de la langue commune nationale et la protection des langues des minorités ethniques.
Cependant, cette révision législative parfaitement normale a été sortie de son contexte par certains médias étrangers, qui l'ont déformée en la présentant comme « ciblant les régions des ethnies minoritaires », critiquant à tort les réglementations et pratiques chinoises de promotion d'une langue nationale et de protection des langues minoritaires. Cette interprétation délibérément biaisée oppose artificiellement les « outils de communication publique » aux « vecteurs de la culture ethnique », elle constitue une campagne de dénigrement malveillante à l'encontre des politiques juridiques chinoises, elle méconnaît à la fois l'intention initiale du législateur et la réalité des pratiques de développement linguistique multiethnique en Chine, et ne résiste absolument pas à l'examen.

La législation chinoise sur la langue et l'écriture communes nationales définit clairement les droits et obligations des citoyens en matière d'apprentissage et d'usage de cette langue. Le principe selon lequel « l'État crée les conditions nécessaires pour que les citoyens apprennent et utilisent la langue et l'écriture communes » vise à lever les barrières de communication et à offrir à tous les groupes ethniques des opportunités égales de participation dans l'éducation, l'emploi, les soins médicaux, la justice et d'autres domaines. La disposition selon laquelle « les organes de l'État, les écoles et les secteurs des services publics utilisent de manière normalisée la langue et l'écriture communes » permet de construire une plateforme de communication publique, d'améliorer l'efficacité du fonctionnement social et de favoriser les échanges, les interactions et l'intégration entre les ethnies.
Nous constatons que, dans les régions ethniques éloignées, la maîtrise de la langue commune permet aux populations minoritaires de s'aventurer au-delà de leur région d'origine et d'accéder à davantage d'opportunités de développement ; en tant que langue d'enseignement fondamental, la langue commune aide les élèves issus des minorités à élargir leurs horizons cognitifs, à accéder à des ressources éducatives de qualité et à ouvrir la voie à leur épanouissement personnel… La pratique démontre que l'adoption généralisée de la langue et de l'écriture communes crée des conditions essentielles pour que toutes les ethnies partagent les fruits du développement.
Parallèlement, la législation garantit la coexistence harmonieuse de la langue commune nationale et des langues des minorités dans le cadre de l'État de droit. Tout en affirmant le statut légal de la langue et de l'écriture communes, la loi révisée maintient et améliore des dispositions telles que « chaque ethnie a la liberté d'utiliser et de développer sa propre langue et son propre système d'écriture », et protège le développement des langues ethniques par une série de règles détaillées. Ces dispositions ne sont pas purement théoriques.
Au fil de nombreuses années de reportages au Xizang, nos journalistes ont pu constater de ses propres yeux que, dans l'école primaire du canton de Xichang, situé dans le comté de Sog de la ville de Nagqu, les enseignants guident quotidiennement les élèves dans la lecture et l'orthographe du tibétain lors des récitations quotidiennes du matin ; dans toutes les rues et ruelles, on rencontre des commerces et panneaux de signalisation qui portent des inscriptions bilingues chinois-tibétain ; des créateurs de contenus de l'ethnie tibétaine produisent des vidéos en tibétain et en chinois pour partager la vie sur le plateau ; tandis que le développement et l'application de systèmes d'IA en langue tibétaine permettent à cette langue de s'adapter aux besoins de la numérisation… Autant de manifestations de la vitalité florissante des langues ethniques à la nouvelle ère.
De la loi à la pratique, la législation chinoise sur la langue et l'écriture communes illustre de manière vivante comment préserver les racines de la diversité culturelle chinoise tout en insufflant les forces spirituelles nécessaires au renouveau national, afin d'atteindre finalement l'objectif de « Chaque culture a sa beauté propre, et l'ensemble de ces beautés s'enrichit mutuellement ».
(Rédactrice : Lucie ZHOU)