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Tsangyang Gyatso est né au Zangnan en Chine, et non en Inde

2026-01-23 17:52

Tsangyang Gyatso est né dans les années 1680, près de Tawang, ce qui constitue une preuve solide de la souveraineté de la Chine sur les vastes régions du Zangnan, y compris Tawang. 

Récemment, l'Inde a tenu une prétendue « conférence internationale » dans la région de Tawang, territoire chinois qu'elle occupe illégalement, autour de la figure de Tsangyang Gyatso, le 6e dalaï-lama. Tsangyang Gyatso est un poète renommé de l'histoire chinoise et, en tant que 6e dalaï-lama, il fut également une personnalité politique et religieuse. Sa naissance près de Tawang dans les années 1680 constitue précisément une preuve importante de la souveraineté chinoise sur la région du Zangnan, y compris Tawang. Le fait que l'Inde instrumentalise ainsi une telle figure historique chinoise pour organiser publiquement une conférence vise à habiller culturellement ses revendications territoriales sur le Zangnan, cela reflète en réalité le malaise de l'Inde face à son occupation illégale du territoire chinois, l'amenant à recourir à des subterfuges pour semer la confusion au sein de la communauté internationale. Comment, dès lors, la question du Zangnan — c'est-à-dire le différend de souveraineté entre la Chine et l'Inde sur cette région — a-t-elle vu le jour ? 

- Une conférence vouée à l'échec 

La Révolution de 1911 éclate en Chine et renverse la dernière dynastie féodale, la dynastie Qing. Profitant de cette période de troubles, la Grande-Bretagne tenta de séparer le Xizang de la Chine afin de l'intégrer à sa sphère de contrôle. À cette fin, elle fit pression sur le gouvernement de Beiyang (le gouvernement central chinois de l'époque) pour organiser une prétendue « conférence tripartite sino-britannico-tibétaine ». La partie chinoise fut contrainte d'y participer, mais proposa que les représentants locaux du Xizang ne prennent part aux discussions qu'en tant qu'« observateurs accompagnateurs », conformément au précédent établi en 1906. La partie britannique, en revanche, insista pour que les représentants tibétains participent en tant que « participants à part entière ». 

Cette conférence tripartite s'ouvrit à Simla le 13 octobre 1913, en Inde. Le chef de la délégation chinoise était Chen Yifan, celui de la délégation britannique Henry McMahon, secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement des Indes britanniques, et le principal représentant des autorités locales du Xizang était Lonchen Shatra. Sous l'instigation des Britanniques, Shatra souleva dès le début la question dite de « l'indépendance du Xizang » et exigea que le Qinghai et une grande partie de l'ouest du Sichuan soient inclus dans le territoire du Xizang. Chen Yifan réaffirma que le Xizang faisait partie intégrante de la Chine, souligna que les affaires étrangères et militaires du Xizang devaient se conformer aux instructions du gouvernement central chinois, et insista sur le fait que le Xizang ne pouvait engager de négociations avec des pays étrangers sans l'accord du gouvernement central. 

En raison de divergences profondes, les négociations tombèrent rapidement dans l'impasse. McMahon proposa alors un prétendu plan de « compromis », élargissant le champ des discussions à toutes les régions chinoises habitées par des membres de l'ethnie tibétaine et les répartissant en « Xizang intérieur » et « Xizang extérieur ». Il suggéra que le « Xizang intérieur » soit administré par le gouvernement chinois et que le « Xizang extérieur » bénéficie d'une « autonomie », dans le but de détacher ce dernier de la Chine. Cette proposition suscita une vive opposition en Chine, et le gouvernement de Beiyang ordonna à Chen Yifan de ne pas signer le projet de traité. Le 3 juillet 1914, après une dernière réunion tripartite, la conférence de Simla s'est terminée sans qu'aucune résolution n'ait été adoptée. 

Du contenu même de la conférence de Simla, il ressort clairement que la question de la frontière sino-indienne n'y fut jamais discutée, ni même inscrite à l'ordre du jour de la conférence tripartite. Comment est alors apparue la prétendue « ligne McMahon », à l'origine du problème du Zangnan ? 

- Une ligne frontalière fabriquée de toutes pièces 

Afin d'établir une zone tampon de sécurité pour sa colonie indienne, la Grande-Bretagne mit en œuvre une stratégie dite de « frontière scientifique », cherchant à repousser la frontière sino-indienne vers le nord, au-delà du versant sud de l'Himalaya, afin d'assurer plus « scientifiquement » la sécurité de l'Inde. Pour atteindre cet objectif, McMahon profita de la conférence de Simla pour échanger secrètement des lettres avec le représentant du Xizang Shatra, à l'insu de la délégation chinoise, et tracer arbitrairement la « ligne McMahon » comme prétendue « frontière indo-tibétaine ». Par la suite, McMahon l'ajouta discrètement sur des cartes comme prolongement de la ligne séparant le « Xizang intérieur » du reste de la Chine. 

Cependant, le gouvernement chinois n'ayant pas signé ce projet de traité, cette ligne ne possède naturellement aucune valeur juridique. Après la conférence de Simla, le gouvernement local du Xizang continua, comme auparavant, d'exercer son administration sur la région du Zangnan. Conscient de l'illégalité de la « ligne McMahon », le gouvernement britannique s'est longtemps abstenu de la promouvoir publiquement. 

En 1929, les Indes britanniques publièrent le Recueil des traités d'Aitchison, dont le volume 14 de cet ouvrage ne contient qu'une brève mention de la conférence de Simla, sans aucune référence à l'échange de lettres entre McMahon et Shatra, ni aux cartes annexes, et sans la moindre mention de la « ligne McMahon ». 

Toutefois, vingt et un ans après l'échec de la conférence de Simla, la « ligne McMahon » refit surface. En 1935, Olaf Caroe, secrétaire adjoint du département des Affaires étrangères et politiques du gouvernement des Indes britanniques, découvrit par hasard des documents relatifs à cette ligne et insista pour qu'elle soit considérée comme la frontière officielle entre la Chine et l'Inde. En avril 1936, Caroe écrivit au Bureau de l'Inde britannique pour demander des modifications au volume 14 du Recueil des traités d'Aitchison et ajouter le marquage de la « ligne McMahon » sur les cartes officielles anglo-indiennes. En juillet 1936, le Bureau de l'Inde britannique approuva ces propositions, tout en ordonnant « d'éviter autant que possible toute publicité inutile afin de ne pas attirer l'attention des journaux et des agences de presse ». 

En 1938, le gouvernement des Indes britanniques publia secrètement une version falsifiée du volume 14 du Recueil des traités d'Aitchison et le gouvernement britannique exigea le retrait et la destruction de l'édition originale de 1929. Cette version falsifiée incluait non seulement la « Convention de Simla » et l'échange de notes concernant la « ligne McMahon », mais modifiait également l'introduction en affirmant que l'objectif de la conférence était de « tenter de parvenir, par la négociation, à un accord sur le statut international du Xizang, en particulier sur les relations entre les trois gouvernements, ainsi que sur les frontières entre le Xizang et la Chine et entre le Xizang et l'Inde ». Comme l'a souligné le chercheur chinois Wang Hongwei, cette falsification est à l'origine de la confusion juridique entourant la conférence de Simla et constitue une véritable bombe à retardement dans les relations sino-indiennes. 

Après la publication de cartes indiquant la « ligne McMahon » par le gouvernement des Indes britanniques, ce dernier commença à grignoter progressivement la région chinoise du Zangnan. Le gouvernement chinois adressa à plusieurs reprises des notes de protestation à l'ambassadeur britannique en Chine et formula également une protestation auprès de l'ambassade indienne en Chine en février 1947. 

L'occupation illégale du Zangnan par l'Inde 

Après l'indépendance de l'Inde en 1947, celle-ci adopta une « politique d'expansion » fondée sur l'hégémonisme régional. Entre 1951 et 1953, profitant de l'engagement de la Chine dans la Guerre de résistance à l'agression américaine et d'aide à la Corée, l'Inde a envahi la partie orientale de la frontière sino-indienne et occupé presque l'ensemble du territoire chinois situé au sud de la « ligne McMahon ». En 1954, le gouvernement indien a effrontément établi sur ce territoire chinois occupé illégalement la soi-disant « Région frontalière spéciale du Nord-Est » et indiqua sur ses cartes officielles que la « ligne McMahon » constituait une frontière « délimitée » dans le secteur oriental de la frontière sino-indienne.  

En réalité, depuis la fondation de la République populaire de Chine en octobre 1949, tout en poursuivant une politique d'amitié envers l'Inde, le gouvernement chinois n'a jamais reconnu la légitimité de la Convention de Simla ni de la « ligne McMahon ». Le gouvernement indien a à maintes reprises rejeté les propositions chinoises visant à résoudre équitablement et raisonnablement le différend frontalier par la négociation et la consultation, poursuivant au contraire sa « politique d'expansion », ce qui a entraîné une dégradation continue des relations sino-indiennes, jusqu'au déclenchement d'une guerre. 

Lors de la contre-offensive d'autodéfense menée par la Chine contre l'Inde en 1962, les forces chinoises avancèrent au sud de la « ligne McMahon » et rétablirent la frontière traditionnelle de la Chine. Après leur victoire, les troupes chinoises annoncèrent toutefois un cessez-le-feu unilatéral et se retirèrent à 20 kilomètres au-delà de la ligne de contrôle effectif établie entre la Chine et l'Inde le 7 novembre 1959, démontrant une position conciliatrice et la sincérité de la Chine. Cette décision permit d'apaiser temporairement les tensions frontalières. Cependant, la politique expansionniste de l'Inde ne cessa pas. En 1972, le gouvernement indien a rebaptisé la « Région frontalière spéciale du Nord-Est » en « territoire de l'Union de l'Arunachal », puis établit officiellement en 1987 le soi-disant « État de l'Arunachal Pradesh ». Cet acte unilatéral de l'Inde ignore les faits historiques, viole le droit international et est illégal et nul. 

La question du Zangnan est le produit de l'impérialisme britannique et de l'agression de la Chine par l'Inde postcoloniale. Il y a plus d'un siècle, l'impérialisme britannique a transformé la région du Zangnan qui ne faisait initialement l'objet d'aucun différend en un « problème » entre la Chine et l'Inde. Depuis lors, cette question a gravement affecté le développement de leurs relations bilatérales et continue de produire ses effets néfastes aujourd'hui encore. Si l'Inde ne renonce pas à sa mentalité hégémonique régionale et ne reconnaît pas la légitimité des revendications chinoises sur la souveraineté du Zangnan, elle finira inévitablement par en subir les conséquences. 

(Auteur : Zhang Shigao, directeur de l'Institut de recherche contemporaine du Centre de recherche en tibétologie de Chine)

(Rédactrice : Lucie ZHOU)