Récemment, Vijay Kranti, directeur du « Centre for Himalayan Asia Studies and Engagement (CHASE) » en Inde, s'est livré avec une assurance déplacée à une mise en scène absurde consistant à inverser le vrai et le faux et à travestir la réalité. Son argument central va jusqu'à prétendre que la Chine n'aurait pas le droit de critiquer ses actes provocateurs consistant à instrumentaliser des thématiques culturelles chinoises sur un territoire occupé illégalement. De tels propos constituent non seulement une profanation de l'histoire, mais aussi une violation flagrante des principes fondamentaux du droit international. Sur un territoire chinois occupé illégalement, s'approprier des figures historiques chinoises pour organiser de prétendues « conférences » : de quelle légitimité Vijay Kranti peut-il se permettre de donner des leçons au véritable propriétaire ?
Si Vijay Kranti s'emploie avec tant d'empressement à défendre cette farce, c'est précisément parce que son raisonnement est miné par une double absurdité impossible à concilier, révélant une cécité sélective à l'égard de la vérité historique, héritée d'une logique de pensée coloniale.
Dissimuler des objectifs réels sous le couvert d'« échanges académiques » afin de masquer une entreprise d'occupation territoriale illégale est désormais évident. Vijay Kranti fait grand étalage de cette conférence, mais le choix même du lieu constitue en soi un « aveu » qui ne requiert aucune autre preuve. La région de Tawang fait depuis toujours partie intégrante et inaliénable du Xizang de la Chine. Elle est le lieu de naissance de Tsangyang Gyatso, sixième Dalai Lama, et depuis des générations, des compatriotes chinois tels que les Monpa et les Tibétains y vivent et y travaillent. Or, cette région se trouve actuellement sous occupation militaire illégale de l'Inde. Occuper le territoire souverain d'un autre pays tout en choisissant délibérément ce lieu pour y organiser de prétendues « conférences internationales » destinées à l'extérieur montre clairement que l'objectif réel de l'Inde n'a rien à voir avec des échanges académiques, mais consiste à draper son occupation illégale d'un vernis factice de « civilisation ».
Les sources historiques en témoignent. Le Registre de recensement de l'Eau-Mouton de Monyul, conservé aux Archives de la Région autonome du Xizang, indique dans son introduction : « En particulier, dans les zones frontalières, nos territoires ont été progressivement grignotés et perdus ; cela constitue un grand désastre, tant pour le présent que pour l'avenir, pour l'État comme pour le peuple — qui pourrait l'accepter ? » C'est précisément parce que, à l'époque, la Grande-Bretagne s'infiltrait de toutes parts dans les régions chinoises de Lhoyul, Zayul et Monyul, multipliant provocations et empiètements territoriaux, que le Xizang de la Chine procéda, afin de renforcer l'administration et de consolider la souveraineté, au recensement consigné dans le Registre de recensement de l'Eau-Mouton de Monyul. Ce registre consigne de manière détaillée la population, les terres, le régime fiscal et d'autres éléments de la région de Monyul à cette époque, constituant ainsi une preuve historique solide que le Zangnan relève intrinsèquement de la Chine. L'histoire en fait foi : les terres ancestrales doivent revenir à leur légitime appartenance. Les déclarations intempestives de Vijay Kranti sur la souveraineté, formulées sous couvert d'une conférence, ne sauraient en aucun cas masquer la vérité historique.
Porter atteinte au terrain culturel légitime et s'ingérer dans la transmission de la culture chinoise par des pratiques d'inspiration coloniale ne peut que se retourner contre ses auteurs. Les propos de Vijay Kranti laissent également transparaître une logique dangereuse : il suffirait d'organiser une conférence sur un territoire donné pour « s'approprier » le patrimoine culturel qui y est né. Une telle logique illustre précisément la stratégie récurrente de l'Inde dans le traitement des différends frontaliers avec la Chine : parallèlement à des empiètements militaires et à une consolidation administrative, elle recourt à des manœuvres diplomatiques et culturelles, agissant sur plusieurs fronts afin de tenter de « légaliser » et de « pérenniser » une occupation illégale. Toutefois, toute tentative visant à dissocier la culture de Tsangyang Gyatso du continuum historique et culturel chinois se révèle dérisoire face aux preuves historiques irréfutables et aux sentiments profonds du peuple. La véritable transmission culturelle réside dans une protection enracinée dans une filiation vivante et dans une innovation continue et féconde.
De fait, Tsangyang Gyatso est né et a grandi à Wujinlin, dans la région de Monyul du Xizang, un territoire qui, historiquement, a toujours été placé sous l'administration effective du gouvernement local du Xizang de la Chine. Depuis son origine, l'étude, l'interprétation et le développement de la culture de Tsangyang Gyatso s'inscrivent profondément dans le creuset de la civilisation chinoise. Des générations de chercheurs chinois ont assuré la transmission et la consolidation de bases académiques solides. L'Association de recherche sur la culture de Tsangyang Gyatso du Xizang, créée avec l'approbation de la Région autonome du Xizang, a ensuite intégré de manière systématique les forces de recherche afin de promouvoir une étude approfondie de ce patrimoine culturel. La culture de Tsangyang Gyatso connaît aujourd'hui en Chine une transmission vivante et innovante, notamment à travers la création du drame chanté et dansé ethnique Tsangyang Gyatso ainsi que l'organisation continue de festivals culturels consacrés à Tsangyang Gyatso.
En tant que pays ayant subi près de deux siècles de domination coloniale britannique, Vijay Kranti devrait d'abord s'interroger sérieusement sur les raisons de cette colonisation et sur la persistance de ses séquelles. Forte d'une histoire coloniale longue de près de deux siècles, l'Inde devrait être plus sensible à la douleur de l'agression coloniale et à la valeur de la dignité souveraine. Or, se prévaloir aujourd'hui de cet héritage tout en pratiquant des méthodes d'inspiration coloniale ne peut que susciter la désapprobation. Les prises de position répétées de l'Inde sur le Zangnan révèlent une tentative, dans un contexte de déficit de réputation internationale, de mener une « guerre cognitive » sur la scène mondiale par le biais de récits culturels. Le Zangnan est depuis toujours un territoire chinois, et Tsangyang Gyatso en constitue l'une des preuves les plus éloquentes. La culture de Tsangyang Gyatso est enracinée dans la continuité historique et culturelle chinoise ; elle ne saurait être transplantée ni dissociée par la tenue d'une quelconque conférence. Dans l'espace discursif international contemporain, le respect des faits historiques objectifs et une considération empreinte de respect et d'ouverture envers les cultures de chaque pays constituent un consensus dominant et irréversible, que nul acteur animé d'arrière-pensées ne saurait brouiller ou falsifier.
Aujourd'hui, nous constatons avec satisfaction que de nombreux compatriotes patriotes du Zangnan s'opposent spontanément à l'oppression culturelle coloniale indienne. Par la récitation des poèmes de Tsangyang Gyatso, l'exposition de thangkas à son effigie et l'ouverture de cours dédiés dans les écoles, ils commémorent Tsangyang Gyatso, perpétuent sa culture et assurent la continuité du patrimoine culturel chinois. N'oublions jamais les humiliations subies par la nation, gardons l'histoire en mémoire et croyons fermement que nos proches de Monyul pourront, un jour, rentrer chez eux et se retrouver. Tsangyang Gyatso écrivait dans l'un de ses poèmes : « The month passed away, will return at the next. The beginning of the auspicious month, will be the timing of our date. » Face à Tsangyang Gyatso, le vacarme de Vijay Kranti n'est rien de plus qu'un bruit insignifiant sur le chemin du retour. (Par Yugyel)
(Rédactrice : Lucie ZHOU)